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lundi 13 septembre 2021

Une autre vision des Alphas

Illustration de Wojtek Siudmak.

Dans Alastor 66, joueurs et joueuses peuvent interpréter un·e Alpha. Les Alphas sont des êtres humains dont l'ADN a été profondément altéré, par un nanoreprogrammateur génétique, pour les rendre plus "beaux", plus résistants, plus intelligents, plus forts... que les humain·es "ordinaires" (comprendre les Standards et, peut-être, les Stellaires). Mes références imaginaires: Bienvenue à Gattaca, Dune et un tout petit bout de GURPS Transhuman Space.

En termes de jeu, dans ma version actuelle du système, les PJ Alphas ont la possibilité de monter à 16 leurs scores de départ aux Attributs (contre 15 pour les Standards). Et, comme ce nanoreprogrammateur est un tantinet défectueux, les PJ Alphas peuvent, aussi, descendre à 4 ces mêmes scores de départ aux Attributs (contre 5 minimum pour les Standards). Soit une "supériorité" toute relative puisque les PJ Alphas n'ont pas plus de points à répartir entre les six Attributs que les autres Morphes.

Techniquement, les Alphas bénéficient aussi d'Avantages pour leurs Sauvegardes contre les maladies, les toxines, les maladies... Et il·elles ne vieillissent pas, ce qui en fait des immortel·les en puissance.

En termes de roleplay, les joueurs et joueuses interprétant des Alphas se contentent souvent de se la péter à mort, style "Je suis Alpha, je suis beau et vous êtes tous des merdes". Ce qui ne m'enchante guère, j'avoue. Je préférerais les voir joué·es autrement mais, jusqu'à maintenant, j'avais du mal à me représenter ces Alphas de façon intéressante. Une représentation qui, justement, induise un autre roleplay.

Puis je redécouvre la saga des Hommes sans futur de Pierre Pelot et je me dis jackpot.

Les Hommes sans futur ce sont six (petits) romans indépendants qui se déroulent dans le même univers. Un univers mêlant S-F et Post-apo où la race humaine telle qu'on la connaît disparaît peu à peu (d'où le titre du cycle: les Hommes sans futur). Homo sapiens disparaît car il donne naissance à une nouvelle "race": les Supérieur·es. À l'enfance ou à l'adolescence, les petits homo sapiens se transforment en Supérieur·es. Leur comportement change du tout au tout: il·elles ne reconnaissent plus leurs proches et s'en vont rejoindre leurs semblables: les autres Supérieur·es. Les naissances d'enfants "normaux" se font de plus en plus rares, condamnant l'Humanité telle qu'on la connaît à disparaître dans quelques décennies.

Les Hommes sans futur c'est du Post-apocalyptique car l'ancienne civilisation humaine se meure. La société se décompose lentement, laissant place à la barbarie.
Les Hommes sans futur c'est aussi de la Science-Fiction car les Supérieur·es développent des sciences et technologies largement supérieures à celles de leurs parents humains. Des sciences et technologies qui leur permettent de s'emparer lentement de la planète et de reléguer les dernier·ères humain·es dans des zones isolées et désolées. Pire: les Supérieur·es ne communiquent pas avec leurs parent·es. Et les échanges entre Supérieur·es sont incompréhensibles à ces mêmes humain·es.

Je ne pense pas que les Alphas d'Alastor 66 soient aussi "étranger·ères" que les Supérieur·es du cycle de Pierre Pelot. Ne serait-ce que parce qu'il·elles vont être interprété·es par des joueurs et des joueuses tout ce qu'il y a de plus humain·es. Et, clairement, les Supérieur·es des Hommes sans futur ont une altérité envers le genre humain qui les rend difficilement jouables.

Mais le mieux c'est que vous alliez lire les livres, non? Et si vous ne devez en lire qu'un seul, lisez Saison de rouille, le meilleur opus du cycle.

Bref, les Hommes sans futur m'ont donné quelques idées sur comment utiliser les Alphas dans Alastor 66.
Notamment, les Alphas se singularisent de plus en plus des autres humain·es. Suffisamment pour se couper de ces derniers, socialement et géographiquement, en investissant des Habitats spécifiques – des ghettos dorés – où les Alphas vivent entre eux·elles.

En termes de jeu – pour ce qui concerne directement les PJ –, lorsque leur jauge de Ruine tombe à zéro, les PJ Alphas deviennent des "Autres" (ou tout autre terme adapté, on verra...), étranger·ères au reste de l'Humanité. Concrètement il·elles deviennent des PNJ et le·la joueur·joueuse peut faire des confettis avec sa fiche de perso (comme tous les PJ qui ont leur Ruine à zéro). Narrativement, l'Alpha ne se sent plus aucun lien avec les autres PJ et va les abandonner au plus vite pour s'en aller rejoindre un domaine Alpha où vivre avec les sien·nes, pour l'éternité.

En termes de roleplay, ces Alphas "Autres" fuient toute communication avec les autres humain·es qu'il·elles perçoivent comme des animaux, au mieux. Et les échanges entre les "Autres" deviennent incompréhensibles pour les humain·es ordinaires, mais pas pour les Alphas qui ont conservé un lien avec leurs cousin·es "inférieur·ères".

En termes d'univers, ces Alphas "Autres" développent peu à peu une nouvelle civilisation, parallèle à celle d'homo sapiens. Une civilisation beaucoup plus avancée scientifiquement et techniquement. Une civilisation qui finira par vouloir supplanter l'ancienne.

Un autre élément littéraire d'importance concernant les Alphas d'Alastor 66: les Maisons nobles auxquelles il·elles appartiennent.
Pour moi, les Alphas sont les nouveaux aristocrates de la Sphère humaine. Il·elles se partagent le pouvoir réel avec les mégacorporations, le Sénat de la Fédération faisant office de marionnette fantoche. Et la division entre Alphas et mégacorpos est plus que perméable puisque, bien souvent, ce sont les Alphas qui détiennent les plus gros carnets d'actions au sein de ces mêmes mégacorpos.
Tout ça pour dire que, en tant qu'aristocrates dans un univers de S-F, je ne peux m'empêcher de penser aux maisons nobles de Dune quand je pense aux Alphas d'A66...

Illustration de Wojtek Siudmak.
Pour la couverture de Le père de feu, tome 4 du cycle des Hommes sans futur.

dimanche 5 septembre 2021

A66 roule (aussi) au HPL


Tout est dit dans le titre: Alastor 66 est, en partie, un jeu qui se réclame du Reclus (mais pourquoi "reclus"? Il connaissait trop plein de monde?) de Providence. Clairement. Enfin... Clairement pour moi surtout. Depuis que l'œuvre de Lovecraft est tombé dans le domaine public – ce que je trouve merveilleux –, le Mythe se décline à toutes les sauces. Et, par moments, on frôle l'overdose, ne nous mentons pas. En conséquence nombre de rôlistes font une sérieuse indigestion de poulpe, sans même parler de celles et ceux déjà réfractaires à l'écriture et/ou l'imaginaire de HPL.

Mais moi j'ai envie que ces réfractaires jouent quand-même à mon jeu. comment faire pour les appâter?

Dans mon idée, la source du Mal sur la Lune démoniaque n'est pas forcément liée au Mythe. On peut établir une connexion comme on peut s'en abstenir. Chaque MJ fera à sa sauce personnelle. Les allergiques à Cthulhu se la joueront Hellraiser et Event Horizon. Et ça sera très bien.

Un autre élément qui empêche Alastor 66 d'être rangé dans la (grande) série des jeux lovecraftiens: le Mythe n'est pas nommé. Jamais. Vous pourrez trouver Nyarlathotep, le Necronomicon, des Profonds, les Mi-Go, des zombies herbertwestiens... mais ils n'auront pas ces noms. D'ailleurs ils n'auront pas de nom tout court. Là encore, les MJ feront à leur sauce et pourront glisser les références cthulesques sous le tapis sans soucis.

Mais gardez bien à l'esprit qu'un Marshal colonial c'est un investigateur ou une investigatrice avec un gun laser et un badge. Dans mille ans, à l'autre bout de la galaxie.

Même si j'adore le Mythe de Cthulhu, j'étais assez allergique à la plume de Lovecraft: pas de femmes, pas de dialogues, trop collé monté... Fort heureusement, les bonnes traductions se multiplient depuis quelques temps et je lis et relis ses ouvrages avec un plaisir croissant.

mardi 25 mai 2021

[WIP ALASTOR 66] Épisode n°92 : Et si les Robotas obéissaient aux Trois lois de la robotique?

Illustration de Philippe Caza.
Les Trois lois de la robotique ont été énoncées par Isaac Asimov et John W. Campbell en 1942 dans leurs récits de Science-Fiction. Les voici: 

▪ Première loi: Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

▪ Deuxième loi: Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi.

▪ Troisième loi: Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

Telles quelles, ces Trois lois sont super imprécises, floues, méchamment interprétables. Je ne rentrerai pas dans le détail car je n'en ai ni le temps ni l'envie et il y a un article Wikipédia pour ça. Ou la possibilité de (re)lire l'œuvre d'Asimov aussi. Non, ce qui m'intéresse c'est d'introduire ces Trois lois dans l'univers d'Alastor 66. Et quand je parle d'introduire ces Trois lois, je pense en premier lieu aux PJ Robotas.

Très clairement, certains Robotas de l'univers d'Alastor 66 peuvent s'auto-détruire, désobéir aux humain·es et même tuer ces dernier·ères, y compris dans d'atroces souffrances. Si ma première référence pour les Robotas est bel et bien le Cycle des robots, la seconde référence, qui arrive pas loin derrière, c'est Terminator. Autant dire que les possibilités sont vastes... Cependant j'ai quand-même dans l'idée que, même dans l'univers âpre et violent d'Alastor 66, les Robotas sont un chouïa plus pacifistes et bienveillants que les autres Morphes. Pas tous mais une grande partie d'entre eux. Car, selon moi, pour l'immense majorité des machines intelligentes de l'univers d'Alastor 66, les Trois lois de la robotique d'Asimov sont une part essentielle de leur programmation.

Et les PJ Robotas? Comment faire régner l'Ordre, la Paix et le Justice sur la Lune démoniaque avec un Marshal Robota incapable de faire du mal à un être humain? Comment exercer sa fonction de "flic" si on ne peut pas, de temps à autre, flinguer un cannibale sataniste ou un digger amok? Oui, comment? Ben j'ai bien envie de vous dire que la violence n'est pas la solution à tous les problèmes et puis, surtout, que ce sont les joueurs et joueuses qui devront gérer ça.

Mais, trêve de plaisanterie, je pense vraiment qu'interpréter un Marshal Robota soumis aux lois de la robotique d'Asimov est faisable. Vraiment.
Parce que les autres PJ, non-Robotas, n'y seront pas soumis et pourront montrer les muscles, canarder et ne pas respecter les conventions sociales.
Parce que je n'envisage pas forcément que les Marshals Robotas soient contraints par les Trois lois dans leur ensemble. Dans mon idée, le joueur ou la joueuse choisirait à quelles lois obéir.
Parce que je compte bien préciser deux, trois points concernant ces lois, afin que chaque partie ne se transforme pas en pinaillages interminables.

Et quel intérêt pour les joueurs et joueuses d'un PJ Robota de soumettre leur perso à tout ou partie des Trois lois? Ben je pense associer ces Trois lois aux Modules des PJ Robotas.

C'est quoi un Module? C'est un équipement robotique singulier, spécifique, particulier. Ça peut être tout et n'importe quoi: une foreuse intégrée, un tiroir à drogues dissimulé, une armure anti-plasma, des ressorts sous les pieds, la connaissance de "six millions de formes de communication", un détecteur de radiation, une antenne météo, un projecteur holographique facial... Bref, un "pouvoir", une capacité. Ou un gadget. Appelez ça comme vous voulez.
Dans Alastor 66, comme pour les Rituels de l'Ésotéricien·ne, les Sorts du Warlock ou les Mutations du·de la Mutant·e, ces Modules sont free form, c'est-à-dire limités par la seule imagination des joueurs et joueuses. Et par l'accord du·de la MJ parce que, bon, quand-même, faut pas déconner.

Tout ça pour dire que je me demandais combien de modules un PJ Robota pouvait bien avoir au premier Niveau. Et bien les Trois lois de la robotique pourraient m'apporter un début de réponse... Je vous livre mes réflexions en vrac et vous me direz ce que vous en pensez:

▪ Au premier Niveau, le PJ Robota dispose de 1d4 Modules.

▪ À n'importe quel Niveau, le PJ Robota peut acquérir 1d4 Modules supplémentaires à condition d'être contraint par l'une des Trois lois de la robotique.
Un PJ Robota contraint par une seule des Trois lois a 1d4 Modules supplémentaires.
Un PJ Robota contraint par deux des Trois lois a 2d4 Modules supplémentaires.
Un PJ Robota contraint par les Trois lois a 3d4 Modules supplémentaires.

Un PJ Robota ne peut pas avoir plus de 16 Modules, au Niveau 1 comme au Niveau 10. Et ça c'est à condition d'avoir pris l'intégralité des Trois lois et d'avoir eu de la moule aux dés. Car un PJ Robota aura, grand maximum, 4d4 Modules. 1d4 Modules de base et 1d4 Modules en plus par loi de la robotique intégrée à sa programmation, soit 4d4 Modules max.

▪ À chaque changement de niveau, le PJ Robota peut changer l'un de ses Modules (un seul!) pour un autre OU relancer 1d4 (un seul!) pour, peut-être, augmenter le nombre de ses Modules.

Voilà, voilà. C'est brouillon, à tester, à voir. On en reparlera peut-être. Mais, dans le principe, vous en pensez quoi?

jeudi 15 avril 2021

Les Psions d'ALASTOR 66 & Stephen King

Artiste inconnu·e.

Alastor 66 est lourdement chargé en références fictionnelles de toutes sortes. Notamment les films américains de S-F horrifique de 1979 (Alien) jusqu'à 2001 (Ghosts of Mars). Mais pas que. Dans "S-F horrifique" il y a "horrifique". Il faut aussi compter avec l'œuvre littéraire – et ses dérivés cinématographiques – de H.P. Lovecraft, Stephen King, Clive Barker et Dan Simmons.

Aujourd'hui, je voudrais évoquer brièvement les livres de Stephen King. Pour une raison toute simple: ce sont eux qui sont à l'origine des pouvoirs psychiques dans Alastor 66. Même si les psioniques sont un thème récurrent de la Science-Fiction, ce n'est pas à cette dernière que j'ai pensé quand je me suis demandé si il y avait des "pouvoirs de l'Esprit" dans l'univers d'A66. J'ai pensé à Stephen King, d'office. Et à ses (superbes) récits d'Épouvante.
Démonstration: la télékinésie de Carrie White (dans Carrie), les pouvoirs de médium de Danny Torrance (Shining et Docteur Sleep), ceux de Louis Creed (Simetierre), la télépathie de Bill Denbrough (Ça), le lien mental de Jonesy, Pete, Beaver et Henry (Dreamcatcher), la lecture mentale de Victoria McGee, la "poussée" – une forme de contrôle mental – d'Andy McGee et, surtout, la pyrokinésie de leur fille, Charlie McGee (Charlie), le pouvoir de Soins de John Coffey (La ligne verte), le pouvoir de Clairvoyance de Johnny smith (Dead Zone)... Et il y en a plein d'autres, l'œuvre de King étant archi-gavée de psioniques. Même dans des ouvrages dont ce n'est pas le sujet central, de nombreux·ses protagonistes sont doté·es de pouvoirs, mineurs ou majeurs.

Stephen King est une redoutable source d'inspiration pour les psioniques car, dans ses récits, le prix à payer pour utiliser les dits pouvoirs est lourd, très lourd. Et, dans un scénario de JdR, ça me paraît plus qu'intéressant que les PJs psioniques – les Marshals Psikers d'A66 en l'occurrence – aient une contrepartie à leurs capacités surnaturelles...

Ben oui, je suis un gros gros fan de King. J'ai presque appris à lire avec ses bouquins, c'est dire.

Il y a aussi de la magie (noire) dans Alastor 66. Mais, en ce qui concerne les Arcanes, mes références imaginaires sont plutôt à aller chercher du côté de Clive Barker...

samedi 20 février 2021

Je (re)lis Dick


Dick. Comme Philip K. Dick. Un auteur de S-F que, en tant que rôliste, j'ai longtemps associé aux jeux de Pierre Rosenthal, par leur intitulé (SimulacreS) ou par leurs thèmes (Athanor, un de mes gidéaires préférés).

Je relis d'abord parce que j'aime ça mais aussi à cause des Replicants. Car les Replicants d'Alastor 66 viennent tout droit de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?  Le roman à l'origine des Blade Runner de Ridley Scott puis de Denis Villeneuve. J'ai voulu revenir aux sources : je me suis regardé les deux films et, de fil en aiguille, j'ai relu le livre de Dick. Il y a des différences entre les Replicants de Blade Runner et les androïdes de Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? mais ne comptez pas sur moi pour vous dire qui sert de modèle aux Replicants d'Alastor 66.

Pendant les vacances, j'ai embrayé avec Les Clans de la Lune alphane (que j'avais déjà lu, me semble-t-il...) et Le Profanateur (que je ne connaissais pas). Si cette envie de PKD persiste, je prolongerai mon trip dickien avec Loterie Solaire, Le Dieu venu du Centaure et Docteur Bloodmoney. En théorie.

Ça ne veut pas dire que cette matière littéraire constitue des ressources pour le travail en cours sur Alastor 66. Il y a de sacrées différences entre l'univers de Dick et ce que je vous prépare... Mais les Replicants! 

samedi 5 décembre 2020

Dune Sea par Angus McKie

Illustration de Angus McKie. 
Voilà une autre illustration d'Angus McKie que je souhaitais vous montrer. Elle a servi pour la couverture de nombreuses éditions de Dune, de Frank Herbert. Je vous la montre parce que je l'aime beaucoup : elle fait partie de celles dont le souvenir reste vivace plusieurs décennies après leur découverte.

Alastor 66 aurait été une Lune brûlante, avec mers de sable et palmiers, à la place d'un satellite glacé, cette peinture aurait fait l'affaire pour mettre dans l'ambiance.

Ceci dit, si vous souhaitez faire de la Lune démoniaque un satellite couvert de déserts, de jungles ou d'océans, qu'est-ce qui vous en empêche ? Rien. La plupart des tables aléatoires que je vous fournis s'adapteront sans peine à des environnements plus chauds. 

vendredi 4 décembre 2020

Voyageuse Yeuse

Illustration de couverture par Angus McKie. 
Je voulais vous montrer cette (vieille) couverture. Celle de Voyageuse Yeuse, le tome n°23 de La Compagnie des glaces, le cycle frigido-ferroviaire de G.-J. Arnaud. Un cycle pour lequel j'ai beaucoup d'affection, même si je ne suis pas du tout sûr d'être allé jusqu'à ce tome 23...

Cette couverture est de Angus McKie. Je souhaitais vous la montrer car, telle quelle, elle irait très bien pour illustrer la surface glacée d'Alastor 66.
Elle m'évoque vraiment un paysage extra-terrestre, bien loin de la Planète bleue. Ce qui est assez ironique si on considère que La Compagnie des glaces se déroule bel et bien sur Terre, une Terre plongée dans un nouvel âge glaciaire mais la Terre quand-même.
Ça n'a rien de surprenant si l'on considère que la dite couverture date d'une époque (1985) et d'une collection (Fleuve Noir Anticipation) qui ne s'arrêtaient pas sur des considérations aussi futiles que l'adéquation entre le sujet d'un roman et sa couverture. 

lundi 23 novembre 2020

[WIP ALASTOR 66] Épisode n°49 : Trans-Alastor (Zone)

Le Trans-Alastor arrive en gare. Artiste inconnu·e.
Alastor 66 est parcourue par un gigantesque réseau ferré, indispensable pour convoyer les hommes, les femmes et le matériel nécessaires à l’exploitation du ravenium. Parmi tous les trains qui parcourent la surface glacée de la Lune démoniaque, il y en a un à nul autre pareil : le Trans-Alastor. Une locomotive nucléaire fait le tour de la Lune démoniaque en tirant des centaines de wagons gigantesques à travers les étendues glacées de l'Inlandsis. Soit le plus grand train de toute la Sphère humaine.

Toute ressemblance avec La Compagnie des glaces et Le Transperceneige ne serait pas totalement fortuite. Mais sauras-tu retrouver les autres références imaginaires, ami·e lecteur·trice ?

D6

6 VOYAGEUR·SES DE 1e CLASSE

1

L’ambassadeur de Tohol avec toute sa cour ; son apparence « démoniaque » l’oblige à rester cloîtré

2

La conceptrice – elle a, en secret et totalement illégalement, « éveillé » l’I.A. du Trans-Alastor

3

Un rentier – décadent et addict aux drogues alastoriennes ; une voix l’invite à rejoindre le « dernier wagon »

4

Une chasseresse de monstres – Ésotéricienne tenace, elle a senti plusieurs présences maléfiques dans le Train

5

Un journaliste terrien– il réalise un reportage sur le « plus long train de la Sphère humaine »

6

Une actionnaire – maîtresse de la Compagnie, elle se constitue un empire ferroviaire à la surface d’A66


D6

6 VOYAGEUR·SES DE 2e CLASSE

1

Une danseuse de cabaret – prostituée à ses heures, elle est tombée amoureuse d’un géologue trop curieux

2

Un pickpocket – il a volé le mauvais objet – une relique alastorienne – à la mauvaise personne ; traqué

3

Une écrivaine elle met à l’écrit ses cauchemars, sans se douter qu’il s’agit de visions de la réalité

4

Un cadre corpo – sa mutation sur A66 est un exil ; il noie sa déchéance dans l’alcool quand il est seul

5

Une détective – elle enquête sur les infidélités du commandant de Train avec une domestique Indigène

6

Un comptable – en réalité un bandit qui repère les richesses des passager·ères en prévision d’une attaque


D6

6 VOYAGEUR·SES DE 3e CLASSE

1

Un colporteur – il vend des talismans, des amulettes, et il a même un « démon » enfermé dans une boîte

2

Une prospectrice – en route vers une concession isolée ; elle est sans nouvelles de ses associé·es sur place

3

Un prostitué – endetté, désespéré ; il a perdu de ses charmes et triche avec un déguisement holo bon marché

4

Une vendeuse de brochettes – ses frères et sœurs chassent « la viande » dans les wagons du fond

5

Des mineurs – en permission ; l’un d’entre eux a réussi à « faire sortir » une grosse pépite de ravenium

6

Une capo – elle prend une part sur tous les petits trafics du Train pour le compte des Yaks de Ravenport


D6

6 EMPLOYÉ·ES DU TRANS-ALASTOR

1

Une contrôleuse – particulièrement sympathique et avenante – et curieuse –, c’est une moucharde du BSI

2

Un mécanicien – énervé : des « rats » s’en prennent aux canalisations ; et son collègue a disparu

3

Une serveuseelle vole les et les cœurs… tout pour pouvoir quitter, un jour, le Train et Alastor 66

4

Un soldat – tendu et attentif : il y a des rumeurs d’une embuscade d’Indigènes ou de brigands sur la voie

5

Une opératrice radiofascinée, elle capte et enregistre des sons étranges sur certaines parties du trajet

6

Un conducteurles formes entraperçues « dehors » et la menace des séracs le stressent plus que nécessaire


D6

6 PASSAGER·ÈRES CLANDESTIN·ES

1

Une gamineMutante, mutique, elle est accompagnée de 9 chat·tes appâté·es par les « rats » du Train

2

Un père désespéré – sa famille meurt de faim : il va tenter de rejoindre les réserves par l’extérieur

3

Une démone – les espoirs et aspirations des occupant·es du Train la transportent : elle s’en nourrit

4

Un évadéblessé, il perd beaucoup de sang ; il hésite entre aller chercher de l’aide ou rester caché

5

Une vagabonde – inquiète : il y a des bruits étranges et des mouvements inquiétants au fond du wagon

6

Un magicien noir – le Trans-Alastor est sa maison, son laboratoire, son terrain de jeu et son pentacle


D6

6 WAGONS & COMPARTIMENTS INTERDITS

1

La premier wagon – une suite au luxe indécent ; son occupant·e y réside à demeure ; mais qui est-ce ?

2

« Nutriments »les resquilleur·ses sont transformé·es en barres énergétiques pour les 3e classe

3

Une prisonquelques délinquant·es et criminel·les attendent leur sort dans des geôles noires et froides

4

Objets perdus – des gens disparaissent dans le train ; leurs valises et effets personnels finissent ici

5

Une morgueles corps gelés de Colons « massacrés par des Indigènes » ; la chose qui les a tués est là

6

Le dernier wagon – murmures, souffles glacés, rires cristallins… et, peut-être, une Porte vers l’Enfer


Bon, vous allez me dire que ce train est super mal-fréquenté et vous aurez raison mais, pour ma défense :

1/ Alastor 66 est un JdR de Science-Fiction horrifique. Je ne vais pas mettre des Bisounours dans chaque compartiment, non ?

2/ C'est du JdR. Les tables sont là pour fournir de la matière à scénario sur le pouce. Donc : le Train est forcément mal-fréquenté et rempli de sales histoires. 😁

dimanche 22 novembre 2020

Pas de revival post-apo de gare pour l'instant

Couverture du tome n°1 : JAG le félin. Artiste inconnu·e.
Il y a quelques temps de ça, je vous avais tanné avec la série littéraire Apocalypse. En dépit de ses nombreux défauts, et de quelques volumes carrément médiocres, cette série m'avait bien tapé dans l'œil pour tout un tas de raisons. Suffisamment pour que, une fois refermé le dernier ouvrage, j'avais grave envie d'embrayer sur quelque chose de similaire, dans la forme et dans l'esprit. Bref, soit je partais sur l'inénarrable série Gore soit sur la plus modérée JAG. Va pour JAG !
Les 34 volumes de JAG, par Zeb Chillicothe, ont eu deux préquelles : Survivance et Shea, au Fleuve Noir. Si le blaze de Zeb Chillicothe dissimule plusieurs auteurs, le maître d'œuvre de la série était Christian Mantey. C'est lui qui a écrit Survivance et Shea avant de poursuivre, rejoint par d'autres écrivains, avec JAG, qui se déroule dans le même univers post-apo que celui des deux romans suscités. Désireux de faire les choses dans l'ordre, je me suis procuré Survivance et Shea.

Couverture de Survivance. Artiste inconnu·e.
J'ai lu Survivance... Bof. Trois fois bof. Ce roman est très quelconque et l'univers décrit bien peu intéressant. Mon ambition de me faire toute la série JAG a été tuée dans l'œuf. Et ne parlons même pas de transformer tout ça en JdR.

Sauf que Christian Mantey n'est pas — comme je vous l'ai dit plus haut — la seule plume de JAG. Parmi les différents auteurs ayant contribué à la série, il faut aussi compter avec l'excellentissime Serge Brussolo. Serge Brussolo qui, en ce qui me concerne, fait partie des meilleures plumes francophones du genre. Serge Brussolo, donc, qui a écrit plusieurs ouvrages de la série JAG. Si je n'ai pas (du tout) été convaincu par l'écriture de Christian Mantey, je veux bien donner une seconde chance à cette série en allant voir du côté des ouvrages signés "Brussolo". Ça peut valoir son pesant de cacahuètes. 

Si je retrouve les références et les ouvrages... D'ailleurs je profite de ce post pour vous solliciter : je n'ai pas retrouvé quels titres de JAG Serge Brussolo a écrits. Quelqu'un·e sait ?

dimanche 13 septembre 2020

La Compagnie des glaces : une inspi pour Alastor 66

Illustration de Jotim.
Dans cet article, j'expliquais qu'il y a des environnements que je préfère à d'autres pour faire jouer. La glace et la neige font partie de ces environnements ludiques que j'affectionne et où j'aime balancer des PJ. C'est pour ça que j'attends avec une certaine impatience, et depuis des plombes, Rifts Worldbook 37 : Antarctica (qui devrait arriver dans 2d4 années, ou jamais). C'est pour ça qu'il y a une gigantesque calotte glaciaire à la surface d'Alastor 66 : des kilomètres et des kilomètres de glace, à l'air rare et aux températures mortelles.

Vous je ne sais pas mais moi ça me fait penser de suite à La Compagnie des glaces, la grande saga de S-F glaciaire de G.-J. Arnaud. Une saga où l'auteur a su mêler son goût pour la Science-Fiction et son amour des trains (je le soupconne d'être abonné à La vie du rail depuis des décennies...). Une saga que, collectionneur fou, j'ai au complet sur mes étagères. Ce qui ne veut pas dire que je l'ai lue en entier, loin de là (62 volumes quand-même...). J'ai lu les premiers tomes, certains plusieurs fois, mais pas le reste. Mais j'ai adoré ces premiers tomes ! 
La Compagnie des glaces qui a eu son jeu de rôle : La Compagnie des glaces, publié par Jeux Actuels en 1986. Par Fabrice Cayla et Jean-Pierre Pécau. Ce dernier étant déjà l'auteur du tout premier JdR français publié : L'Ultime Épreuve

Alors, bien évidemment, si les quelques thèmes abordés (S-F, post-apo, trains, glace) vous causent, je ne saurais trop vous conseiller de jeter un coup d'œil à cette série. L'univers est incroyable, très riche, dense... Et peut servir de source d'inspiration pour quantité de JdR, S-F ou post-apo, se déroulant dans ce genre de décor verglacé. Et puis les personnages de la saga, les principaux protagonistes comme les seconds couteaux, ont vraiment de la gueule. 

Dans le contexte d'Alastor 66, une saga comme La Compagnie des glaces est du pain béni. La surface de la Lune sataniste ressemble énormément au décor polaire de G.-J. Arnaud. Et, comme moi aussi j'aime les décors ferroviaires, j'ai dans l'idée que les premiers colons satanistes, comme les prospecteurs·trices récemment débarqué·es, font un usage immodéré du chemin de fer pour parcourir et exploiter la surface gelée du satellite. Les vents violents de la surface rendant compliqués les déplacements en aéronef...

Bref, je vais piquer des idées de scénario dans ce monument de la littérature de gare !

Extrait de la couverture de Jdru, tome n°5 du Cycle Jdrien de la BD La Compagnie des glaces.
Illustration de Jotim.

samedi 12 septembre 2020

Propulsé à l'Apocalypse (façon MÉDIA 1000)

Les six volumes, avec les super chouettes couvertures de Rolland Barthélemy.
Ça ne vous donne pas envie de jouer, vous ?
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Ça fait un petit  moment que je vous bassine avec la série Apocalypse : Les parasites de l'horreur, Les murailles de l'angoisse, Les enfants du Diable, Carnage aux Caraïbes, Les hommes d'acier et, enfin, Le rituel des damnés. Je suis venu à cette série de "romans de gare" grâce à ses couvertures, réalisées par le très bon Rolland Barthélemy (j'en parlais ici).

En guise de bilan personnel qui n'engage que moi :

• Très très bon ►Les murailles de l'angoisse et Le rituel des damnés, mes chouchous. Le second est la suite immédiate du premier.

• Plutôt bon ► Les enfants du diable.

• Mouais... ► Les parasites de l'horreur.

• Mauvais ►Les hommes d'acier.

• Très mauvais ► Carnage aux Caraïbes (♫ Kolé-séré nou té ké ka dansé ♫)

Et si on jouait maintenant ? Et si on regardait d'un peu plus près, comment on pourrait faire du JdR dans l'univers d'Apocalypse ?

Je vois deux possibilités : soit les PJ sont des agents de l'État Libre d'Alamogordo envoyés en mission, comme le héros de la série, Russ Norton, soit les PJ sont des victimes du monde cruel d'Apocalypse.

Dans le second cas, je vous conseillerais Blood, Dread ou Sombre, des JdR d'Horreur spécifiquement conçus pour s'en prendre plein la gueule. Dans le premier cas, je suis un peu moins inspiré : Bitume ? Mutant Future ? Rad HackTwilight : 2000 (naaaaan) ? C'est pas ce qui manque les JdR post-apo où l'on joue des gros bras l'air de rien... Même si j'ai une préférence pour The Mutant Epoch, dont le côté cradingue et un peu fou fou correspond bien à mes représentations de l'univers d'apocalypse. Mais c'est très personnel.

Et propulser cet univers avec Apocalypse World ? Hum... J'ai comme un (énorme) doute.

Pour information, les volumes de la série avec une tranche bleue ont, dans leurs premières pages, une (petite) carte des USA dans le monde d'Apocalypse. Mes deux premiers volumes, avec une tranche jaune, sont dépourvues de cette carte. Une carte qui ne va pas toujours dans le sens des informations données par les bouquins mais passons...

Cette série m'a redonné goût à la littérature "de gare". Ça m'a aussi donné envie de Fantastique bien gore : j'ai découvert que j'aimais la tripaille littéraire qui ne se prend pas au sérieux et, en conséquence, je vais aller jeter un coup d'œil à la série homonyme. Et j'ai toujours envie de post-apo déglingué aussi : pour ce faire, je vais aller voir du côté de JAG.

Si tout ceci donne de la matière à jouer, on en reparlera ici bientôt.

Prochain objectif...

vendredi 11 septembre 2020

[Apocalypse n°4] Carnage aux Caraïbes

♫ Zouk la sé sèl médikaman nou ni ♫
Couverture par Rolland Barthélemy.

"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Et voilà, Apocalypse c'est fini : je viens de lire le dernier tome de la série, Carnage aux Caraïbes. Enfin... Pas tout à fait le dernier puisqu'il s'agit du tome n°4, sur six volumes publiés. Mais, en ce qui me concerne, c'est mon dernier tome puisque j'ai déjà lu les cinq autres, dans le désordre. Et, franchement, on ne peut pas vraiment dire que je me sois gardé le meilleur pour la fin... Loin de là !

Car Carnage aux Caraïbes très mauvais. Le plus mauvais de la série, hélas.

Pour rappel : Apocalypse est une série de six romans de gare post-apo publiés entre 1987 et 1988. Une guerre nucléaire a ravagé les USA (et le reste du monde à priori) et, dix ans plus tard, les rares survivant·es encore sain·es d'esprit doivent survivre dans un environnement hostile, irradié et mutagène, rempli d'abominations génétiques improbables et de bouchers psychopathes. Aux USA, du moins dans ce qu'il en reste, l'État Libre d'Alamogordo essaie de reconstituer un semblant de civilisation. Son meilleur agent se nomme Russ Norton, un ancien des Forces Spéciales, plutôt associable et solitaire, contraint de bosser pour l'État Libre car celui-ci est le seul capable de fournir un environnement stérile à Nick, son fils de onze ans, atteint d'une forme rare d'immuno-déficience¹.

Carnage aux Caraïbes débute par l'attaque, au large d'Haïti, d'un cargo de l'État Libre, le Hammer, qui ramenait de la canne à sucre (produit de première nécessité dans un univers post-apo, comme chacun·e sait), embarquée à Fort-de-France, en Martinique (qui a donc survécu à la guerre). Les flibustiers sont des zombies, commandés par Toussaint Lenfermé (une référence pas subtile du tout à Toussaint Louverture), capitaine pirate ET mutant. Toussaint Lenfermé tient à un certain standing puisqu'il sévit à bord d'un galion "espagnol" du XVIe, ou XVIIe siècle, s'habille, lui et ses "hommes", comme un authentique pirate de l'époque et n'utilise que des armes de la même période. Une sorte de cosplayer post-apo.

Avant que son équipage ne soit entièrement massacré, le Hammer a le temps d'envoyer un ultime message à Alamogordo. L'État Libre n'est pas très content qu'on lui choure son sucre et envoie Russ Norton pour distribuer des claques aux responsables.

Ben oui, Carnage aux Caraïbes se déroule exclusivement en Haïti. Et l'Haïti d'Apocalypse n'est malheureusement guère différente, par certains côtés, de l’Haïti contemporaine... Russ Norton va très rapidement découvrir que Toussaint Lenfermé est aux ordres du président Duponnier. Oui : "Duponnier". Ne cherchez pas trop loin, le président Duponnier est un avatar de Jean-Claude Duvallier, "Baby Doc", président — et infâme autocrate — d'Haïti de 1971 à 1986, quand il est chassé du pouvoir. Jean-Claude Duvallier qui avait succédé à son père, François Duvallier dit "Papa Doc", président d'Haïti de 1957 à 1971. Une belle dynastie de tyrans affameurs. D'ailleurs les soldats zombies du "président à vie" Duponnier se nomment les "Tontons Macoutes", comme la police secrète des Duvallier...

Notez que Carnage aux Caraïbes a été écrit peu après la chute de Baby Doc. Un bouquin surfant sur l'actualité de l'époque ?

Donc Duponnier est un tyran sanguinaire, comme ses illustres modèles. Il règne sur les ruines de Port-au-Prince et Haïti (le reste de l'île d''Hispaniola, l'ancienne République Dominicaine, a sombré dans les eaux turquoises de l'Atlantique, pas de chance). Plus précisément, il règne sur la population blanche et mulâtre puisqu'il a entrepris de massacrer la population noire pour des raisons assez mystérieuses que le bouquin ne dévoilera jamais. 

Arrive Russ Norton, bien décidé à résoudre le mystère de la disparition du Hammer. Et comment se déroule son séjour en Haïti ?

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Mal. Il vient d'abord en aide à des villageois·es noir·es attaqué·es par des Tontons Macouttes. Parmi les villageois·es, il y a la jolie Noémie qui décide d'accompagner Russ Norton à Port-au-Prince pour régler leur compte à Duponnier et Toussaint Lenfermé. Russ Norton et Noémie réussiront à traverser les ruines de Port-au-Prince, malgré les clochards végétaux carnivores, les flics-soldats zombies et les mutants crocodiliens égoutiers, jusqu'au palais, immense, bien gardé et luxueux de Duponnier.

Russ va découvrir que l'Haïti d'Apocalypse est à la pointe du génie scientifique déviant et que Duponnier, un monstre obèse abruti, a de grands projets, genre "conquérir le monde" (mouhahaha). Russ est fait prisonnier, s'échappe, défonce tout, poursuit Duponnier jusqu'en face de l'Île de la Tortue et en profite pour, juste derrière, faire la peau à Toussaint Lenfermé. Le bouquin se termine quand il entreprend de déshabiller la belle Noémie. FIN DU DIVULGÂCHIS.

Que dire d'autre ? Qu'il y a du vaudou, un soupçon d'érotisme lesbien, de la charcuterie (mais beaucoup moins que dans d'autres ouvrages de la série, comme si l'auteur n'y était pas), une galère gréco-romaine haïtienne (et ses esclaves révoltés), des mutants au look surprenant... Que Russ Norton révèle avoir les pouvoirs de Hokuto no Ken, quand il tranche avec sa seule main — et en un seul coup ! — deux mutants jumeaux siamois ! Et que, contrairement aux autres ouvrages, la scène de la couverture n'apparaît pas dans le bouquin (ou alors j'ai été inattentif parce que, bon, au bout d'un moment...).

À part ça, c'est mal écrit, mal raconté, incohérent, plat... Les autres ouvrages étaient loin d'être de la grande littérature mais c'était quand-même mieux que Carnage aux Caraïbes. Sur les vingt dernières pages, je lisais un peu une phrase sur deux... Bref, vous n'êtes vraiment pas obligé·es de vous le farder, sauf si, comme moi, vous souhaitez tout savoir de cet univers improbable et éminemment WTF.

Je suis quand-même un peu triste d'en avoir fini avec cette série déviante... Et serai content de les relire dans trente ans ! Si je les retrouve dans mon bazar...

¹ Voir les autres tomes, notamment Les parasites de l'horreur et Les hommes d'acier.
² Mais il y avait déjà des scènes semblables, dans d'autres ouvrages de la gamme, où Russ Norton tapait les points vitaux du bout de ses doigts musclés. "ATATATATATATATATATATATATATATA !!!" comme dit Hokuto no Ken.

Russ Norton va-t-il, enfin, pouvoir profiter d'un repos bien mérité au cours de son séjour dans les Antilles ?
(Réponse : à la fin, un peu, mais pour le reste il va en chier sévère)

mardi 8 septembre 2020

[Apocalypse n°3] Les enfants du Diable

Couverture par Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Après le n°2, le n°1, le n°6 et le n°4, voici venu le temps des rires et des chants : Les enfants du Diable, le troisième tome de la série 100% WTF Apocalypse. Avec, encore et toujours, une superbe couverture de Rolland Barthélemy, l'un·e de mes illustrateur·trices préféré·es.

Pour rappel : le monde d'Apocalypse ce sont les USA dix ans après une guerre nucléaire aussi brève que radicale. Le pays est ravagé par les radiations, les mutant·es et les pillard·es. Les zones propices à la vie se font bien rares et l'État Libre d'Alamogordo est tout ce qu'il reste de l'ancienne administration.

Russ Norton travaille pour l'État Libre. Cet ancien des Forces Spéciales n'a guère le choix — apparemment, il préférerait tracer sa route seul à travers la pampa irradiée, sans rendre de comptes à qui que ce soit — puisque son fils Nick souffre d'une déficience immunitaire chronique l'obligeant à vivre dans une chambre stérile. Et comme l'État Libre d'Alamogordo est le seul à pouvoir fournir cette chambre et les soins appropriés à Nick, Russ Norton est contraint de répondre présent à chaque fois que les autorités veulent l'envoyer en mission quelque part. Des missions toujours dangereuses, bien évidemment. 

De quoi ça parle Les enfants du Diable ?

Les  communautés de colons de Glass Valley¹ sont anéanties les unes après les autres. Russ Norton doit découvrir ce qui les frappe. Il n'aura aucun soutien à attendre des soldats de la base voisine de Merryday¹ qui, bien que dépendants de l'État Libre, n'ont aucune intention de gâcher leur précieux matériel en venant en aide aux colons fondamentalistes chelous — car les dits colons ont des mœurs bien étranges — de Glass Valley. Il pourra heureusement compter sur l'aide d'Emma Sirk, une survivante d'une des communautés anéanties, et Jerry, l'un des "enfants du Diable" du titre.

Mais c'est qui ces enfants du Diable ?

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Le Terminateur is back ! Le Terminateur c'est le Grand Méchant de la série, le super-vilain qui avait déjà sévi dans Les parasites de l'horreur et Les murailles de l'angoisse. Un ancien prêcheur qui s'est découvert une vocation d'apôtre de l'Apocalypse et qui veut exterminer ce qui reste d'humanité, pour laisser la Terre en héritage aux mutant·es et aux monstres. Lui-même considère qu'il sert les Forces noires du Chaos. Un grand malade. 

Sauf que ce grand malade est aussi un génie scientifique. Un savant fou donc. Dans l'intimité de son nouveau laboratoire, il a conçu un produit qui transforme les enfants en bombes à retardement vivantes. Les pauvres gamins sont contraints de lui obéir, dans l'espoir hypothétique de recevoir l'antidote qui pourra les sauver avant qu'ils ne fassent BOUM. Menés par un clone adolescent du Terminateur, Lone Wolf (un grand malade lui aussi), les gosses massacrent les colons de la région, après avoir préalablement envoyé, l'un des leurs exploser dans chaque village pour créer la surprise (et tuer plein de monde).

Mais le Terminateur ne compte pas s'arrêter là et a d'autres projets, d'une toute autre envergure. FIN DU DIVULGÂCHIS.

J'ai beaucoup aimé ce tome n°3. Vraiment. Il y a quelques idées débiles qui valent leur pesant de cacahuètes. Et on continue d'en apprendre un peu plus sur Russ Norton et l'État Libre d'Alamogordo. Il y aussi des incohérences et des scènes d'action faiblardes mais ça c'est récurrent dans cette série, rien de bien grave.

Pour conclure, il faut quand-même que je mentionne le moyen de locomotion totalement débile des "enfants du Diable" : ils se déplacent en skis sur des terrains sans le moindre centimètre de neige... Pour ce faire, ils fartent leurs skis avec de la graisse humaine (ou de la cervelle ou des intestins broyés, ce n'est pas très clair...) ! Vous le sentez le gros WTF ? Bienvenue dans Apocalypse !

¹ Ne cherchez pas sur Google Maps. Je l'ai fait et, manifestement, ces lieux n'existent pas

Russ Norton va-t-il, enfin, trouver l'amour dans les bras d'Emma Sirk ?
(Réponse : non)

lundi 7 septembre 2020

[Apocalypse n°5] Les hommes d'acier

"Faites AAAAAHHHHH.
Couverture par Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Heureux hasard, ce tome n°5 est le cinquième que je lis, après le n°6 et avant le n°3... Franchement, il ne m'a pas super emballé, beaucoup moins que Les murailles de l'angoisse ou Le rituel des damnés. On y découvre de nouveaux "méchants", les Hommes d'acier du titre, qui — vous vous en doutez peut-être un peu — sont des androïdes. Mais reprenons.

L'État Libre d'Alamogordo — ce qui reste de civilisation dans des États-Unis irradiés — a capté des signaux radio en provenance de la région des Grands lacs. Problème : ces signaux sont codés et le code n'a rien d'humain¹. Ni une ni deux, le gouvernement envoie un hélicoptère, avec Russ Norton à son bord, pour investiguer.

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Dans la région totalement vitrifiée de Madison (enfin je crois que c'est par ici que ça se passe...), Russ Norton va découvrir une famille dégénérée, un aéronef soviétique échoué et, surtout, une usine-laboratoire souterraine abritant des androïdes bien décidés à remplacer l'humanité et à conquérir le monde. Comment ? En devenant plus intelligents et indépendants en se greffant des cerveaux humains, pris sur leurs "cobayes" pas forcément consentants. 

Dans ce tome n°5, on en apprend plus sur Russ Norton lui-même, sur l'État Libre d'Alamogordo et ses dirigeant et, surtout, sur le fils de Russ, Nick. Il semblerait bien que le monde d'Apocalypse ait des psioniques en son sein puisque Nick arrive à voir à travers les yeux d'une fille de la "famille dégénérée" citée plus haut, et inversement ! Fort malheureusement, la série s'arrêtant au tome n°6 (qui parle de tout autre chose), nous n'en saurons pas plus. Dommage car ça devenait intéressant et j'aurais bien aimé savoir ce qu'allait devenir le petit Nick. FIN DU DIVULGÂCHIS.

Bon... Franchement, Les hommes d'acier n'est pas terrible terrible et semble avoir été écrit avec des moufles. Les scènes d'action sont particulièrement mal fichues et le récit sans queue ni tête (plus que dans les autres bouquins de la collection, je veux dire ^^). Notez cependant que c'est moins sanguinaire que les autres ouvrages de la série : les scènes de boucherie se font plus rares.

Une lecture totalement dispensable, sauf si, comme moi, vous êtes fan de cette série improbable.

¹ Il s'agit juste d'une série, particulièrement courte, de groupes de trois lettres accolées à trois chiffres. Paye ton code "non-humain" du Futur... J'en ricane encore.

"Encore ?" "Ben oui. Mais c'est bientôt fini."