Affichage des articles dont le libellé est Rolland Barthélemy Art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rolland Barthélemy Art. Afficher tous les articles

samedi 12 septembre 2020

Propulsé à l'Apocalypse (façon MÉDIA 1000)

Les six volumes, avec les super chouettes couvertures de Rolland Barthélemy.
Ça ne vous donne pas envie de jouer, vous ?
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Ça fait un petit  moment que je vous bassine avec la série Apocalypse : Les parasites de l'horreur, Les murailles de l'angoisse, Les enfants du Diable, Carnage aux Caraïbes, Les hommes d'acier et, enfin, Le rituel des damnés. Je suis venu à cette série de "romans de gare" grâce à ses couvertures, réalisées par le très bon Rolland Barthélemy (j'en parlais ici).

En guise de bilan personnel qui n'engage que moi :

• Très très bon ►Les murailles de l'angoisse et Le rituel des damnés, mes chouchous. Le second est la suite immédiate du premier.

• Plutôt bon ► Les enfants du diable.

• Mouais... ► Les parasites de l'horreur.

• Mauvais ►Les hommes d'acier.

• Très mauvais ► Carnage aux Caraïbes (♫ Kolé-séré nou té ké ka dansé ♫)

Et si on jouait maintenant ? Et si on regardait d'un peu plus près, comment on pourrait faire du JdR dans l'univers d'Apocalypse ?

Je vois deux possibilités : soit les PJ sont des agents de l'État Libre d'Alamogordo envoyés en mission, comme le héros de la série, Russ Norton, soit les PJ sont des victimes du monde cruel d'Apocalypse.

Dans le second cas, je vous conseillerais Blood, Dread ou Sombre, des JdR d'Horreur spécifiquement conçus pour s'en prendre plein la gueule. Dans le premier cas, je suis un peu moins inspiré : Bitume ? Mutant Future ? Rad HackTwilight : 2000 (naaaaan) ? C'est pas ce qui manque les JdR post-apo où l'on joue des gros bras l'air de rien... Même si j'ai une préférence pour The Mutant Epoch, dont le côté cradingue et un peu fou fou correspond bien à mes représentations de l'univers d'apocalypse. Mais c'est très personnel.

Et propulser cet univers avec Apocalypse World ? Hum... J'ai comme un (énorme) doute.

Pour information, les volumes de la série avec une tranche bleue ont, dans leurs premières pages, une (petite) carte des USA dans le monde d'Apocalypse. Mes deux premiers volumes, avec une tranche jaune, sont dépourvues de cette carte. Une carte qui ne va pas toujours dans le sens des informations données par les bouquins mais passons...

Cette série m'a redonné goût à la littérature "de gare". Ça m'a aussi donné envie de Fantastique bien gore : j'ai découvert que j'aimais la tripaille littéraire qui ne se prend pas au sérieux et, en conséquence, je vais aller jeter un coup d'œil à la série homonyme. Et j'ai toujours envie de post-apo déglingué aussi : pour ce faire, je vais aller voir du côté de JAG.

Si tout ceci donne de la matière à jouer, on en reparlera ici bientôt.

Prochain objectif...

vendredi 11 septembre 2020

[Apocalypse n°4] Carnage aux Caraïbes

♫ Zouk la sé sèl médikaman nou ni ♫
Couverture par Rolland Barthélemy.

"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Et voilà, Apocalypse c'est fini : je viens de lire le dernier tome de la série, Carnage aux Caraïbes. Enfin... Pas tout à fait le dernier puisqu'il s'agit du tome n°4, sur six volumes publiés. Mais, en ce qui me concerne, c'est mon dernier tome puisque j'ai déjà lu les cinq autres, dans le désordre. Et, franchement, on ne peut pas vraiment dire que je me sois gardé le meilleur pour la fin... Loin de là !

Car Carnage aux Caraïbes très mauvais. Le plus mauvais de la série, hélas.

Pour rappel : Apocalypse est une série de six romans de gare post-apo publiés entre 1987 et 1988. Une guerre nucléaire a ravagé les USA (et le reste du monde à priori) et, dix ans plus tard, les rares survivant·es encore sain·es d'esprit doivent survivre dans un environnement hostile, irradié et mutagène, rempli d'abominations génétiques improbables et de bouchers psychopathes. Aux USA, du moins dans ce qu'il en reste, l'État Libre d'Alamogordo essaie de reconstituer un semblant de civilisation. Son meilleur agent se nomme Russ Norton, un ancien des Forces Spéciales, plutôt associable et solitaire, contraint de bosser pour l'État Libre car celui-ci est le seul capable de fournir un environnement stérile à Nick, son fils de onze ans, atteint d'une forme rare d'immuno-déficience¹.

Carnage aux Caraïbes débute par l'attaque, au large d'Haïti, d'un cargo de l'État Libre, le Hammer, qui ramenait de la canne à sucre (produit de première nécessité dans un univers post-apo, comme chacun·e sait), embarquée à Fort-de-France, en Martinique (qui a donc survécu à la guerre). Les flibustiers sont des zombies, commandés par Toussaint Lenfermé (une référence pas subtile du tout à Toussaint Louverture), capitaine pirate ET mutant. Toussaint Lenfermé tient à un certain standing puisqu'il sévit à bord d'un galion "espagnol" du XVIe, ou XVIIe siècle, s'habille, lui et ses "hommes", comme un authentique pirate de l'époque et n'utilise que des armes de la même période. Une sorte de cosplayer post-apo.

Avant que son équipage ne soit entièrement massacré, le Hammer a le temps d'envoyer un ultime message à Alamogordo. L'État Libre n'est pas très content qu'on lui choure son sucre et envoie Russ Norton pour distribuer des claques aux responsables.

Ben oui, Carnage aux Caraïbes se déroule exclusivement en Haïti. Et l'Haïti d'Apocalypse n'est malheureusement guère différente, par certains côtés, de l’Haïti contemporaine... Russ Norton va très rapidement découvrir que Toussaint Lenfermé est aux ordres du président Duponnier. Oui : "Duponnier". Ne cherchez pas trop loin, le président Duponnier est un avatar de Jean-Claude Duvallier, "Baby Doc", président — et infâme autocrate — d'Haïti de 1971 à 1986, quand il est chassé du pouvoir. Jean-Claude Duvallier qui avait succédé à son père, François Duvallier dit "Papa Doc", président d'Haïti de 1957 à 1971. Une belle dynastie de tyrans affameurs. D'ailleurs les soldats zombies du "président à vie" Duponnier se nomment les "Tontons Macoutes", comme la police secrète des Duvallier...

Notez que Carnage aux Caraïbes a été écrit peu après la chute de Baby Doc. Un bouquin surfant sur l'actualité de l'époque ?

Donc Duponnier est un tyran sanguinaire, comme ses illustres modèles. Il règne sur les ruines de Port-au-Prince et Haïti (le reste de l'île d''Hispaniola, l'ancienne République Dominicaine, a sombré dans les eaux turquoises de l'Atlantique, pas de chance). Plus précisément, il règne sur la population blanche et mulâtre puisqu'il a entrepris de massacrer la population noire pour des raisons assez mystérieuses que le bouquin ne dévoilera jamais. 

Arrive Russ Norton, bien décidé à résoudre le mystère de la disparition du Hammer. Et comment se déroule son séjour en Haïti ?

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Mal. Il vient d'abord en aide à des villageois·es noir·es attaqué·es par des Tontons Macouttes. Parmi les villageois·es, il y a la jolie Noémie qui décide d'accompagner Russ Norton à Port-au-Prince pour régler leur compte à Duponnier et Toussaint Lenfermé. Russ Norton et Noémie réussiront à traverser les ruines de Port-au-Prince, malgré les clochards végétaux carnivores, les flics-soldats zombies et les mutants crocodiliens égoutiers, jusqu'au palais, immense, bien gardé et luxueux de Duponnier.

Russ va découvrir que l'Haïti d'Apocalypse est à la pointe du génie scientifique déviant et que Duponnier, un monstre obèse abruti, a de grands projets, genre "conquérir le monde" (mouhahaha). Russ est fait prisonnier, s'échappe, défonce tout, poursuit Duponnier jusqu'en face de l'Île de la Tortue et en profite pour, juste derrière, faire la peau à Toussaint Lenfermé. Le bouquin se termine quand il entreprend de déshabiller la belle Noémie. FIN DU DIVULGÂCHIS.

Que dire d'autre ? Qu'il y a du vaudou, un soupçon d'érotisme lesbien, de la charcuterie (mais beaucoup moins que dans d'autres ouvrages de la série, comme si l'auteur n'y était pas), une galère gréco-romaine haïtienne (et ses esclaves révoltés), des mutants au look surprenant... Que Russ Norton révèle avoir les pouvoirs de Hokuto no Ken, quand il tranche avec sa seule main — et en un seul coup ! — deux mutants jumeaux siamois ! Et que, contrairement aux autres ouvrages, la scène de la couverture n'apparaît pas dans le bouquin (ou alors j'ai été inattentif parce que, bon, au bout d'un moment...).

À part ça, c'est mal écrit, mal raconté, incohérent, plat... Les autres ouvrages étaient loin d'être de la grande littérature mais c'était quand-même mieux que Carnage aux Caraïbes. Sur les vingt dernières pages, je lisais un peu une phrase sur deux... Bref, vous n'êtes vraiment pas obligé·es de vous le farder, sauf si, comme moi, vous souhaitez tout savoir de cet univers improbable et éminemment WTF.

Je suis quand-même un peu triste d'en avoir fini avec cette série déviante... Et serai content de les relire dans trente ans ! Si je les retrouve dans mon bazar...

¹ Voir les autres tomes, notamment Les parasites de l'horreur et Les hommes d'acier.
² Mais il y avait déjà des scènes semblables, dans d'autres ouvrages de la gamme, où Russ Norton tapait les points vitaux du bout de ses doigts musclés. "ATATATATATATATATATATATATATATA !!!" comme dit Hokuto no Ken.

Russ Norton va-t-il, enfin, pouvoir profiter d'un repos bien mérité au cours de son séjour dans les Antilles ?
(Réponse : à la fin, un peu, mais pour le reste il va en chier sévère)

mardi 8 septembre 2020

[Apocalypse n°3] Les enfants du Diable

Couverture par Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Après le n°2, le n°1, le n°6 et le n°4, voici venu le temps des rires et des chants : Les enfants du Diable, le troisième tome de la série 100% WTF Apocalypse. Avec, encore et toujours, une superbe couverture de Rolland Barthélemy, l'un·e de mes illustrateur·trices préféré·es.

Pour rappel : le monde d'Apocalypse ce sont les USA dix ans après une guerre nucléaire aussi brève que radicale. Le pays est ravagé par les radiations, les mutant·es et les pillard·es. Les zones propices à la vie se font bien rares et l'État Libre d'Alamogordo est tout ce qu'il reste de l'ancienne administration.

Russ Norton travaille pour l'État Libre. Cet ancien des Forces Spéciales n'a guère le choix — apparemment, il préférerait tracer sa route seul à travers la pampa irradiée, sans rendre de comptes à qui que ce soit — puisque son fils Nick souffre d'une déficience immunitaire chronique l'obligeant à vivre dans une chambre stérile. Et comme l'État Libre d'Alamogordo est le seul à pouvoir fournir cette chambre et les soins appropriés à Nick, Russ Norton est contraint de répondre présent à chaque fois que les autorités veulent l'envoyer en mission quelque part. Des missions toujours dangereuses, bien évidemment. 

De quoi ça parle Les enfants du Diable ?

Les  communautés de colons de Glass Valley¹ sont anéanties les unes après les autres. Russ Norton doit découvrir ce qui les frappe. Il n'aura aucun soutien à attendre des soldats de la base voisine de Merryday¹ qui, bien que dépendants de l'État Libre, n'ont aucune intention de gâcher leur précieux matériel en venant en aide aux colons fondamentalistes chelous — car les dits colons ont des mœurs bien étranges — de Glass Valley. Il pourra heureusement compter sur l'aide d'Emma Sirk, une survivante d'une des communautés anéanties, et Jerry, l'un des "enfants du Diable" du titre.

Mais c'est qui ces enfants du Diable ?

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Le Terminateur is back ! Le Terminateur c'est le Grand Méchant de la série, le super-vilain qui avait déjà sévi dans Les parasites de l'horreur et Les murailles de l'angoisse. Un ancien prêcheur qui s'est découvert une vocation d'apôtre de l'Apocalypse et qui veut exterminer ce qui reste d'humanité, pour laisser la Terre en héritage aux mutant·es et aux monstres. Lui-même considère qu'il sert les Forces noires du Chaos. Un grand malade. 

Sauf que ce grand malade est aussi un génie scientifique. Un savant fou donc. Dans l'intimité de son nouveau laboratoire, il a conçu un produit qui transforme les enfants en bombes à retardement vivantes. Les pauvres gamins sont contraints de lui obéir, dans l'espoir hypothétique de recevoir l'antidote qui pourra les sauver avant qu'ils ne fassent BOUM. Menés par un clone adolescent du Terminateur, Lone Wolf (un grand malade lui aussi), les gosses massacrent les colons de la région, après avoir préalablement envoyé, l'un des leurs exploser dans chaque village pour créer la surprise (et tuer plein de monde).

Mais le Terminateur ne compte pas s'arrêter là et a d'autres projets, d'une toute autre envergure. FIN DU DIVULGÂCHIS.

J'ai beaucoup aimé ce tome n°3. Vraiment. Il y a quelques idées débiles qui valent leur pesant de cacahuètes. Et on continue d'en apprendre un peu plus sur Russ Norton et l'État Libre d'Alamogordo. Il y aussi des incohérences et des scènes d'action faiblardes mais ça c'est récurrent dans cette série, rien de bien grave.

Pour conclure, il faut quand-même que je mentionne le moyen de locomotion totalement débile des "enfants du Diable" : ils se déplacent en skis sur des terrains sans le moindre centimètre de neige... Pour ce faire, ils fartent leurs skis avec de la graisse humaine (ou de la cervelle ou des intestins broyés, ce n'est pas très clair...) ! Vous le sentez le gros WTF ? Bienvenue dans Apocalypse !

¹ Ne cherchez pas sur Google Maps. Je l'ai fait et, manifestement, ces lieux n'existent pas

Russ Norton va-t-il, enfin, trouver l'amour dans les bras d'Emma Sirk ?
(Réponse : non)

lundi 7 septembre 2020

[Apocalypse n°5] Les hommes d'acier

"Faites AAAAAHHHHH.
Couverture par Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Heureux hasard, ce tome n°5 est le cinquième que je lis, après le n°6 et avant le n°3... Franchement, il ne m'a pas super emballé, beaucoup moins que Les murailles de l'angoisse ou Le rituel des damnés. On y découvre de nouveaux "méchants", les Hommes d'acier du titre, qui — vous vous en doutez peut-être un peu — sont des androïdes. Mais reprenons.

L'État Libre d'Alamogordo — ce qui reste de civilisation dans des États-Unis irradiés — a capté des signaux radio en provenance de la région des Grands lacs. Problème : ces signaux sont codés et le code n'a rien d'humain¹. Ni une ni deux, le gouvernement envoie un hélicoptère, avec Russ Norton à son bord, pour investiguer.

ATTENTION DIVULGÂCHIS EN APPROCHE : Dans la région totalement vitrifiée de Madison (enfin je crois que c'est par ici que ça se passe...), Russ Norton va découvrir une famille dégénérée, un aéronef soviétique échoué et, surtout, une usine-laboratoire souterraine abritant des androïdes bien décidés à remplacer l'humanité et à conquérir le monde. Comment ? En devenant plus intelligents et indépendants en se greffant des cerveaux humains, pris sur leurs "cobayes" pas forcément consentants. 

Dans ce tome n°5, on en apprend plus sur Russ Norton lui-même, sur l'État Libre d'Alamogordo et ses dirigeant et, surtout, sur le fils de Russ, Nick. Il semblerait bien que le monde d'Apocalypse ait des psioniques en son sein puisque Nick arrive à voir à travers les yeux d'une fille de la "famille dégénérée" citée plus haut, et inversement ! Fort malheureusement, la série s'arrêtant au tome n°6 (qui parle de tout autre chose), nous n'en saurons pas plus. Dommage car ça devenait intéressant et j'aurais bien aimé savoir ce qu'allait devenir le petit Nick. FIN DU DIVULGÂCHIS.

Bon... Franchement, Les hommes d'acier n'est pas terrible terrible et semble avoir été écrit avec des moufles. Les scènes d'action sont particulièrement mal fichues et le récit sans queue ni tête (plus que dans les autres bouquins de la collection, je veux dire ^^). Notez cependant que c'est moins sanguinaire que les autres ouvrages de la série : les scènes de boucherie se font plus rares.

Une lecture totalement dispensable, sauf si, comme moi, vous êtes fan de cette série improbable.

¹ Il s'agit juste d'une série, particulièrement courte, de groupes de trois lettres accolées à trois chiffres. Paye ton code "non-humain" du Futur... J'en ricane encore.

"Encore ?" "Ben oui. Mais c'est bientôt fini."

jeudi 3 septembre 2020

[Apocalypse n°6] Le rituel des damnés

Couverture par Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Je continue de lire les bouquins de la série Apocalypse dans le désordre : d'abord le tome n°2, puis le tome n°1 et, maintenant, le tome n°6 ! En fait, je les lis dans l'ordre où ils arrivent dans ma boîte aux lettres ou au point relais le plus proche. Et, franchement, je ne pense pas que les lire dans le désordre pose le moindre souci de compréhension de l'histoire. Ceci dit, il y a quand-même un ordre chronologique des récits... qui ne correspond pas forcément à l'ordre de parution. Par exemple, aujourd'hui, je vais vous parler du tome n°6, Le rituel des damnés. Et bien sachez que ce tome n°6 est la suite directe du tome... n°5 ? Ben non, du tome n°2 ! OK...

Dans le tome n°2, Les murailles de l'angoise, l'histoire s'achevait avec Russ Norton guidant une troupe de rescapé·es hors de la Cité (Las Vegas), envahie par les hordes mutantes. Avant de partir, Russ Norton faisait péter un missile nucléaire soviétique — qui n'avait pas explosé à l'atterrissage dix ans auparavant — pour empêcher que celui-ci ne tombe entre les mains du Terminateur (le Grand Méchant, qui a juré la perte de l'humanité non-mutante).

Le rituel des damnés débute avec trois survivant·es, un couple et leur dernier enfant vivant, en route vers l'Ouest après avoir abandonné leur ferme qui n'arrivait plus à les nourrir. À court d'eau, de nourriture et d'essence, il·elles s'arrêtent demander de l'aide aux habitant·es d'un ancien pénitencier, dans le Nevada. Hélas pour eux·elles, les occupant·es des lieux sont les anciens criminels incarcérés. Et les dix années qui viennent de s'écouler depuis la chute de la civilisation ne les ont pas rendus meilleurs, bien au contraire... Ils ont torturé (une constante dans cette collection) et massacré leurs gardiens dix ans auparavant et ont fondé une "société" basée sur l'esclavage et une pseudo pureté raciale : les mutant·es et autres irradié·es (les "damnés" du titre) sont tué·es, asservi·es ou sacrifié·es.
Cruelle ironie : le chef des malfrats, "Devil Burt", est lui-même un mutant. Il a été contaminé par une sorte de lichen génétiquement modifié qui l'a transformé en larve monstrueuse, incapable de se mouvoir et de manipuler quoi que ce soit. Pour se nourrir, il doit se sustanter des corps suppliciés de ses victimes, plongés dans le bain acide où il vivote, au milieu des es excréments. Charmant. Seule une température constante empêche le lichen de s'emparer de tout son corps. Pour maintenir cette température constante, et fournir de l'électricité au pénitencier, des "damnés" s'échinent vingt heures par jour à faire tourner, au sens propre, un générateur bricolé dans les sous-sols de la prison. Sympa.

Notez que Devil Burt réussit l'exploit d'être le grand méchant de l'histoire en étant totalement immobile, impuissant et sans aucun pouvoir (hormis une hypothétique immortalité végétalisée) ! Il est tellement méchant que ses hommes continuent de lui obéir en tout, depuis dix ans, tellement ils ont les chocottes. Ça c'est du super-vilain. 

Mais revenons à Russ Norton. Celui-ci guide les fuyard·es de Las Vegas vers Phoenix, l'Enclave la plus proche de l'État Libre d'Alamogordo (le dernier gros bastion civilisé des USA). Sauf que certain·es membres de la troupe ne l'entendent pas de cette oreille et rêvent de partir dans l'autre direction, vers la Californie. Il·elles ignorent, ou ne veulent pas entendre, que celle-ci est sous les flots et que ce qui en reste est méchamment irradié.
Bref, Russ Norton et sa cohorte de survivant·es vont croiser la route du pénitencier de Devil Burt. Avec tout ce que ça implique de chairs malmenées et de cris d'horreur. Mais je vais être fort dans mon cœur et ne vais pas vous raconter la suite et fin. Après, avec 150 pages seulement écrites en gros caractères, je vous en ai déjà raconté un bon morceau.

Après avoir lu les tomes n°1, n°2 et n°6, je me rends compte qu'il y a un thème qui revient dans chaque ouvrage : chaque roman introduit un nouveau monstre. Dans Les parasites de l'horreur, c'était les parasites qui se nichaient dans l'estomac de leurs victimes, mortes ou vivantes, et les transformaient en zombies viandards. Dans Les murailles de l'angoisse, c'était les clones mutants espions psychopathes à croissance accélérée. Dans Le rituel des damnés, c'est la larve anthropophage moitié-homme moitié-lichen. Quelle imagination.

J'ai hâte de lire les autres tomes...

"Tu ne vas quand-même pas leur refiler une couverture coquine de chez MÉDIA 1000 pour chaque post sur Apocalypse !?!"
"Si. C'est un blog licencieux." 

mardi 1 septembre 2020

[Apocalypse n°1] Les parasites de l'horreur

"Die ! Fucking zombie !"
Couverture de Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Chouette, j'ai reçu Les parasites de l'horreur, le tome n°1 de la défunte collection Apocalypse ! Alors qu'est-ce que ça donne ce premier tome ?

Je rappelle que, parce que je l'avais reçu en premier, je n'avais pas pu m'empêcher de lire le tome n°2 : Les murailles de l'angoisse. J'en parle (en bien) ici. Oui : j'ai lu le tome n°2 avant le tome n°1, c'est comme ça, et non, rien de rien, non je ne regrette rien.

Parlons des auteurs,  Don A. Seabury et Terence Corman, des pseudos derrière lesquels se dissimulent Michel Pagel et Olivier Raynaud. Je croyais que Michel Pagel était le seul maître d'œuvre de ce premier opus mais la couverture crédite "Don A. Seabury et Terence Corman". Qui a écrit quoi exactement ? Mystère... Et, comme c'est peu clair, je n'en parlerai plus pour les quatre autres tomes (si je les critique un jour).

Les parasites de l'horreur  donc. De quoi ça parle ?

D'un univers post-apocalyptique. Les bombes soviétiques ont détruit une grande partie des USA il y a dix ans (que devient le reste du monde ? on ne sait pas). Quelques Enclaves subsistent, toutes rattachées à l'État Libre d'Alamogordo (au Nouveau-Mexique, cette ville je suppose). Les parasites de l'horreur se déroule dans et autour de l'Enclave de Kensington, un gigantesque camp de réfugiés abritant trois millions d'âmes. Fortifié car, en dehors des murs de l'Enclave, ça a l'air très très mal fréquenté. Certes, il n'y a pas des hordes de mutant·es psychopathes attendant de déferler sur l'un des derniers bastions de la civilisation, comme dans Les murailles de l'angoisse. Autour de l'Enclave de Kensington, c'est plutôt le royaume des brigands et des pillards sans foi ni loi. Des gros bâtards voués au Mal mais, apparemment, sans mutations chelous.

Mais de quelle Kensington parle-t-on ? Car — merci Wikipédia — des Kensington, il y en a un sacré paquet en Amérique du nord. Hormis le fait que nous sommes aux USA, le bouquin ne donne guère d'indice. Tout au plus sait-on que Alamogordo se situe "au sud" de Kensington. Peut-être Kensington dans le Minnesota ? Où l'on a découvert une pierre gravée de runes en 1898 (un canular à priori). Peut-être Kensington, le quartier de Philadelphie ? Mais cette partie de l'Amérique a les pieds dans l'Atlantique sur la carte du tome n°6... Mystère.

Et comment nourrit-on trois millions de réfugié·es dans un camp assiégé depuis dix ans ? Re-mystère. 

Les parasites de l'horreur débute avec une scène d'horreur bien gore comme cette série les affectionne. Deux jeunes gens, un homme et une femme, veulent quitter l'Enclave pour un hypothétique ailleurs meilleur. Ils ne vont pas très loin et sont rapidement découvert·es par une bande de psychopathes à quelques encablures de l'Enclave. Le jeune homme est massacré, de façon super trash. La jeune fille est torturée, violée puis inséminée à dessein par une sorte de parasite (Les parasites de l'horreur du titre) créé génétiquement par le maître de la bande de psychopathes : le Terminateur, le Grand Méchant que l'on retrouvera dans le tome n°2 et, peut-être, dans les suivants. Après avoir été violemment inséminée, la jeune fille est abandonnée, mourante, aux limites de l'Enclave.

Et c'est le début des emmerdes.

Car le parasite est capable de 1/ se reproduire par parthénogénèse (enfin je crois), et 2/ de contrôler le corps, mort ou vivant, où il se trouve. Techniquement, le parasite attaque un être humain avec le corps qu'il contrôle — corps que l'on va appeler "zombie" par facilité — pour introduire dans le corps de sa victime un autre parasite, qui prendra le contrôle du corps quelque temps plus tard et attaquera d'autres personnes. Et cetera. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec une magnifique épidémie zombie sur les bras.

Sur ces entrefaites, arrive Russ Norton, le héros de la série. Ancien des Forces Spéciales (mais lesquelles ?), Russ travaille pour l'État Libre d'Alamogordo. Il arrive dans l'Enclave de Kensington car ceux-ci ont retrouvé son fils, Nick, que Russ Norton recherchait depuis dix ans (wooow). Nick souffre d'une déficience immunitaire chronique et doit rester confiné dans une chambres stérile, dans l'hôpital de l'Enclave de Kensington. Le même hôpital, sale et surpeuplé, où est amené la jeune fille parasitée... La suite de l'histoire c'est une épidémie zombie que Russ Norton va chercher à enrayer. Et je ne vous raconterai pas la fin.

On est d'accord : Les parasites de l'horreur est un récit de zombies. Dans un contexte post-apocalyptique mais de zombies quand-même. De zombies un peu spéciaux puisqu'ils sont contrôlés par des parasites créés génétiquement par un illuminé qui a juré la perte de l'humanité. Il semble qu'il y ait d'autres zombies dans l'univers d'Apocalypse car un des protagonistes (Russ Norton?) mentionne des missiles soviétiques qui auraient fait se relever les morts après l'impact, dix ans auparavant. Des zombies atomiques ? Ça m'a fait aussi penser à Alien, avec ce parasite qui se niche dans l'estomac de sa victime. Un roman qui se nourrit aux sources horrifiques de son époque : 1987.

Comme c'est un bouquin de la série Apocalypse, on a droit à une grosse dose de boucherie bien sanguinolente. Mais moins que dans le tome n°2 (ou alors on s'habitue), avec moins de scènes de torture gratuite.

J'ai moins aimé ce tome n°1 que sa suite. Dans Les murailles de l'angoisse, j'avais apprécié le cadre (les déserts du Nevada et Las Vegas) et les hordes de mutant·es halluciné·es. Rien de tel dans Les parasites de l'horreur, au cadre indifférencié et aux zombies, même parasites, qui auront bien du mal à m'émouvoir après avoir visionné 200 films de morts-vivants. Quoique... Les zombies de Les parasites de l'horreur se classent quand-même parmi les plus gore du genre. 

♫ MÉDIA MIIIIILLLLLEEEEE ♫ La littérature qui tape dans le miiiiillllleeeee ♫
(il y a des infirmières dans Les parasites de l'horreur, beaucoup, mais elles n'ont pas trop le temps d'être délurées)

mercredi 26 août 2020

[Apocalypse n°2] Les murailles de l'angoisse

"Die ! Mutant bastard !"
Couverture de Rolland Barthélemy.
"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Récemment, je vous avais parlé de la collection Apocalypse avec ses chouettes couvertures de Rolland Barthélemy. Je viens de finir ma lecture du tome n°2 : Les murailles de l'angoisse. Et c'était vachement bien ! Bon, OK, c'était de la grosse littérature de gare mais, franchement, ça l'a fait. Notez que je n'ai pas lu le tome n°1 avant de lire ce tome n°2. Tout simplement parce que ce tome n°1 je ne l'ai pas encore réceptionné. Et j'ai jugé que la lecture du deuxième ouvrage avant le premier ne devait pas poser de gros soucis, au vu des thèmes abordés dans cette collection...

De quoi ça parle Les murailles de l'angoisse ?

C'est du gros post-apo qui tache. Presque ça me ferait penser aux copies cinématographiques italiennes de Mad Max. La civilisation s'est effondrée suite à une guerre nucléaire il y a dix ans. Au Nouveau-Mexique, "l'État Libre d'Alamogordo" cherche à rassembler les dernières communautés humaines civilisées d'Amérique du nord autour de lui pour refonder la civilisation. S'y essayer du moins.
Russ Norton est le meilleur agent de l'État Libre. Il ne travaille pas pour l'argent ou par conviction mais parce que Alamogordo est le seul endroit capable de fournir un milieu totalement aseptisé à son fils de onze ans, Nick, qui souffre d'une déficience immunitaire totale et ne peut vivre en dehors d'un environnement stérile.

Dans Les murailles de l'angoisse, l'État Libre envoie Russ Norton aider une grosse communauté isolée : la Cité. Cette "Cité" c'est Las Vegas, qui a survécu à la guerre nucléaire grâce au dysfonctionnement du missile soviétique censé la détruire. Ses habitant·es sont retranché·es derrière une enceinte fortifiée qui les protège de l'extérieur. Car au-delà des murs c'est bien un peu le bazar.
En effet, l'univers d'Apocalypse n'est pas en grande forme. En dehors des communautés "civilisées", le reste de la planète — la partie qui n'a pas été vitrifiée / irradiée / contaminée / submergée par les flots — est juste super dangereux. Les ressources en eau et en nourriture se font de plus en plus rares. La faune qui n'a pas disparu a muté, et pas en bien. Les humain·es survivant·es "de l'extérieur" sont devenu·es des mutant·es crâmé·es du ciboulot : psychopathes, cannibales, désespéré·es... Ceci dit, les habitant·es de la Cité sont à peine moins taré·es que les mutant·es qui survivent au-delà de l'enceinte fortifiée, comme le montre une scène d’exécution pas piquée des hannetons.

Russ Norton débarque dans la Cité car celle-ci est sans nouvelles de l'équipe qu'elle a envoyé vers le lac Mead pour découvrir pourquoi l'eau n'arrive plus en ville. Cynthia Parker, la fille du chef de la Cité, faisait partie de l'équipe disparue et le chef en question, John Parker est prêt à rallier la Cité à l'État Libre si Russ Norton réussit à lui ramener sa fille.
Cynthia Parker et ses compagnons ont été attaqués par des mutants chacals (si si) au service d'un mystérieux, et maléfique, "Terminateur" (qui devait déjà être présent dans le tome n°1 apparemment...). Celui-ci a de bien funestes projets concernant la Cité. Notamment, il aimerait bien récupérer le missile soviétique qui n'a pas été détruit à l’atterrissage... Damned, je suis en train de tout divulgâcher !

C'est très très gore. Ça se lit super vite. L'univers est totalement dingue (et m'a fait penser à celui de The Mutant Epoch RPG). Et la couverture de Rolland Barthélemy est trop classe. J'AI ADORÉ. Et j'ai hâte de lire les autres, même si je crois bien que ça faiblit méchamment par la suite... Je me les ai tous commandés et je jugerai sur pièces.

Vous y trouverez pas mal d'idées sympas pour vos JdR post-apos préférés. Ou vos JdR horrifiques, vu comment ça saigne abondamment au fil des pages. Ou un JdR post-apo ET horrifique ! Vous en connaissez, vous ? 

Ah, j'allais oublier de vous dire : ce sont Michel Pagel et Olivier Raynaud qui se cachent derrière les pseudos de Don A. Seabury et Terence Corman. Olivier Raynaud a écrit le bouzin et Michel Pagel à "rewrité". Enfin je crois... 

Les publications de MÉDIA 1000, feu l'éditeur de la collection Apocalypse, c'était plutôt ça à l'époque. On peut en tirer un jeu de rôle super-interactif, sans paroles, sans MJ et avec deux joueur·ses et plus.

lundi 17 août 2020

Rolland Barthélemy apocalyptique


"Après que la folie des hommes eut déclenché l'APOCALYPSE, vint le temps de l'obscurantisme : une régression aux instincts les plus bas, aux pulsions les plus barbares. De nouvelles générations biologiques naquirent, des mutations génétiques s'effectuèrent ; l'inconcevable devint quotidien. Il fallait réinventer le monde. L'état, nouveau et fragile, avait besoin d'aventuriers capables d'affronter l'innommable chaos. Russ Norton était le meilleur d'entre tous..."

Vous connaissez peut-être déjà le travail de Rolland Barthélemy, surtout si vous êtes un rôliste de moins en moins jeune comme moi. Rolland Barthélemy est l'une des figures de l'illustration du JdR francophone. Il a sa patte dans tous les vieux Casus Belli première époque — Joe Casus et Annabela Belli, c'est lui — et a dessiné quantité de couvertures et d'illustrations intérieures pour Rêve de Dragon (bien évidemment), Te Deum pour un Massacre, Wastburg, SimulacreS, Guildes, MEGA... Allez voir sa fiche du Grog. Une implication dans le jeu de rôle qui va au-delà du seul aspect professionnel puisque Rolland Barthélemy est lui-même rôliste. J'aime beaucoup son travail. Je trouve ses dessins en noir et blanc particulièrement vivants et, de manière générale, toutes ses œuvres qui touchent aux imaginaires qui m'intéressent me paraissent toujours diablement inspirées.

Et un gars très sympa quand je l'avais rencontré – il y a des siècles de ça – à l'occasion du festoche JdR annuel organisé par l'association Némésis à Clermont Ferrand. Il m'avait dédicacé mon exemplaire de Capitaine Vaudou d'un superbe Don Quichotte et Sancho Panza (perdu pour la France puisque, depuis cette époque lointaine, j'ai égaré mon exemplaire comme un gros connard...). 

Je ne sais pas si c'est du fait de sa contribution, plus que conséquente, à Rêve de Dragon mais j'associe surtout le trait de Rolland Barthélemy à la poésie, à l'humour, à la légèreté... Aussi qu'elle ne fut pas ma surprise de trouver son nom accolé à celui de la défunte collection Apocalypse chez l'éditeur MEDIA 1000. Apocalypse ce sont six romans "de gare" — ce n'est pas une insulte dans ma bouche, loin de là — français publiés entre 1987 et 1988. Les pseudos des auteurs, Terence Corman et Don A. Seabury, dissimulent Richard D. NolaneMichel Pagel et, peut-être, d'autres auteur·es puisqu'il s'agissait d'un travail "collectif". Richard D. Nolane a écrit le premier tome et relu et corrigé les trois suivants.

De quoi ça parle ? De barbaque. Comme la collection Gore (chez Fleuve Noir) à la même époque, Apocalypse fait dans la viande : ça charcute, ça découpe, ça arrache, ça saigne, beaucoup. Avec un soupçon de fesse si j'ai bien compris. Et pour cause : l'éditeur MEDIA 1000 publiait essentiellement de la littérature érotique et pornographique. Dans les années 80, vous trouviez ces livres au rayon librairie dans tous les supermarchés. Mais la collection Apocalypse fait plus dans le sang que dans le stupre, du torture porn avant l'heure en quelque sorte. Alors, certes, ça viande beaucoup dans ces bouquins mais leur intérêt réside surtout dans l'univers. C'est un mélange de S-F et de Post-apo avec mutants dégénérés, zombies, robots tueurs, enclaves technologiques, horreurs génétiques... De l'or en barres pour un rôliste ! Tout ça dans un décor américain post-atomique où l'on suit les aventures de Russ Norton, agent "secret" au service de la dernière nation civilisée d'un monde ravagé. Oui, je vous parle d'une époque où la fin du monde avait plus à voir avec la bombe atomique qu'avec le réchauffement climatique.

J'ai craqué. Je me suis commandé Les parasites de l'horreur, Les murailles de l'angoisse et Le rituel des damnés. Pour voir. Je ne suis absolument pas allergique à ce genre de littérature. Bien au contraire, j'ai appris à lire grâce à ces bouquins de gare (et Stephen King et Jules Verne aussi). J'aime ça. Par contre je n'ai pas d'appétence particulière pour le gore et, à choisir, j'aurais largement préféré que cette collection mélange Post-apo et sexe plutôt que Post-apo et chair sanguinolente mais on va faire avec. Car c'est surtout l'univers de ces bouquins qui m'attire. Ça m'a l'air bien furieux, bien barré, du genre qui ferait passer Bitume pour une chanson des Musclés et Dorothée. Bref, ça me donne envie de faire du jeu de rôle. Et ça c'est cool.

Possible que je sois déçu par mes futures lectures mais, à 150 pages écrites gros, ça sera une déception rapide. Si c'est chouette, je vous en reparlerai.

Et Rolland Barthélemy dans tout ça ? C'est lui qui a réalisé les couvertures des six ouvrages ! De chouettes couvertures d'ailleurs. Qui envoient la sauce. Bien éloignées des univers auxquels je l'associe en temps normal. J'étais obligé de les partager avec vous (ici précisément).