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mardi 18 mai 2021

Pourquoi se pèle-t-on méchamment les miches sur Alastor 66?

Photo extraite du film The Thing.
Alastor 66 est une lune glacée. Un inlandsis de plusieurs kilomètres d'épaisseur recouvre la plus grande partie du satellite. Des vents de 200 km/h, avec des températures de -150°C, balaient régulièrement sa surface. Bref, un climat de merde. Clairement, on n'est pas dans Blue Planet.

Et pourtant... Rien ne m'obligeait à faire de la Lune démoniaque un caillou subpolaire. Rien. Dans un premier temps – lorsque le projet s'appelait encore Alastor 55 –, j'imaginais plutôt un monde forestier et marécageux pour accueillir mon setting techno-démoniaque. En cela, j'étais influencé par le (très bon) film The Witch, et son décor ô combien sinistre, et la planète Dagobah, de Star Wars. Mais – lorsque le projet a pris de l'ampleur et s'est transformée en Alastor 66 – j'ai choisi le cadre (hypothermique) d'une lune recouverte de glace.

Pourquoi? Parce que j'aime ça.

J'aime ces décors gelés, décors que j'associe spontanément à quelques œuvres de fiction que j'adore et qui m'auront durablement marqué. Suffisamment pour avoir envie de faire jouer des scénarios de JdR dans un cadre similaire.
Ces œuvres ce sont la saga littéraire fleuve La Compagnie des glaces, de G.-J. Arnaud, le film The Thing, de John Carpenter, Les Montagnes hallucinées de HPL et, dans une moindre mesure, le roman Terreur, de Dan Simmons. Pour être tout à fait honnête, je dois aussi mentionner deux "vieux" Livre Dont Vous Êtes Le Héros: La Sorcière des Neiges et, surtout, Les Grottes de Kalte. Ce dernier, notamment, m'aura durablement impressionné par son décor gelé lorsque j'étais encore enfant. On a tous nos petites madeleines de Proust...

Une autre raison expliquant la météo pourrie d'Alastor 66 c'est que je voulais un décor hostile. Vraiment. On parle quand-même d'un JdR de S-F horrifique et d'une lune colonisée il y a deux siècles par des "satanistes". Je ne pouvais décemment pas caser tout ça sur une planète aux lagons bleus, à l'eau chaude et transparente, avec des cocotiers se balançant légèrement dans la brise tropicale. Un tue-l'ambiance assuré.

Mais tout ça c'est très personnel.

Si vous, votre kif c'est une planète désertique façon Tatooine ou Dune, une lune forestière comme celle d'Endor ou une planète-océan parsemée d'îles comme Poseidon ou Aquablue, ben faites-vous plaisir. Si quelques Zones d'A66 sont inséparables du contexte glacé (l'Inlandis de McReady en est un bon exemple), d'autres – la plupart d'entre elles en fait! – peuvent tout à fait être délocalisées dans un contexte "autre", avec le décor que vous souhaitez.
Si vous n'aimez pas la glace et le froid mais que, malgré tout, vous souhaitez masteriser Alastor 66, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

dimanche 13 septembre 2020

La Compagnie des glaces : une inspi pour Alastor 66

Illustration de Jotim.
Dans cet article, j'expliquais qu'il y a des environnements que je préfère à d'autres pour faire jouer. La glace et la neige font partie de ces environnements ludiques que j'affectionne et où j'aime balancer des PJ. C'est pour ça que j'attends avec une certaine impatience, et depuis des plombes, Rifts Worldbook 37 : Antarctica (qui devrait arriver dans 2d4 années, ou jamais). C'est pour ça qu'il y a une gigantesque calotte glaciaire à la surface d'Alastor 66 : des kilomètres et des kilomètres de glace, à l'air rare et aux températures mortelles.

Vous je ne sais pas mais moi ça me fait penser de suite à La Compagnie des glaces, la grande saga de S-F glaciaire de G.-J. Arnaud. Une saga où l'auteur a su mêler son goût pour la Science-Fiction et son amour des trains (je le soupconne d'être abonné à La vie du rail depuis des décennies...). Une saga que, collectionneur fou, j'ai au complet sur mes étagères. Ce qui ne veut pas dire que je l'ai lue en entier, loin de là (62 volumes quand-même...). J'ai lu les premiers tomes, certains plusieurs fois, mais pas le reste. Mais j'ai adoré ces premiers tomes ! 
La Compagnie des glaces qui a eu son jeu de rôle : La Compagnie des glaces, publié par Jeux Actuels en 1986. Par Fabrice Cayla et Jean-Pierre Pécau. Ce dernier étant déjà l'auteur du tout premier JdR français publié : L'Ultime Épreuve

Alors, bien évidemment, si les quelques thèmes abordés (S-F, post-apo, trains, glace) vous causent, je ne saurais trop vous conseiller de jeter un coup d'œil à cette série. L'univers est incroyable, très riche, dense... Et peut servir de source d'inspiration pour quantité de JdR, S-F ou post-apo, se déroulant dans ce genre de décor verglacé. Et puis les personnages de la saga, les principaux protagonistes comme les seconds couteaux, ont vraiment de la gueule. 

Dans le contexte d'Alastor 66, une saga comme La Compagnie des glaces est du pain béni. La surface de la Lune sataniste ressemble énormément au décor polaire de G.-J. Arnaud. Et, comme moi aussi j'aime les décors ferroviaires, j'ai dans l'idée que les premiers colons satanistes, comme les prospecteurs·trices récemment débarqué·es, font un usage immodéré du chemin de fer pour parcourir et exploiter la surface gelée du satellite. Les vents violents de la surface rendant compliqués les déplacements en aéronef...

Bref, je vais piquer des idées de scénario dans ce monument de la littérature de gare !

Extrait de la couverture de Jdru, tome n°5 du Cycle Jdrien de la BD La Compagnie des glaces.
Illustration de Jotim.