Affichage des articles dont le libellé est Olivier Vatine Art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Olivier Vatine Art. Afficher tous les articles

mercredi 17 mars 2021

[WIP ALASTOR 66] Épisode n°73 : Olivier Vatine

Couverture de Casus Belli n°55. Par Olivier Vatine.
Je vais tout de suite doucher votre enthousiasme : non, Olivier Vatine ne va pas illustrer Alastor 66. Je n'ai pas les moyens et son trait est un peu trop "lumineux" pour ce que j'imagine (ceci dit, j'essaie bien de débaucher un autre artiste au trait "lumineux" lui aussi...).

Olivier Vatine ne va pas illustrer A66 mais, par contre, il m'a donné son accord pour mettre la couverture, illustrée par lui-même, du Casus Belli n°55 dans le livre de base. Et ça c'est juste overcool car j'adore le trait de cet artiste.

Je rappelle que, avant de s'appeler Alastor 66, le projet s'appelait Alastor 55. "55" pour ce vieux numéro de Casus Belli, puisque le concept à l'origine du jeu c'était tout de même d'imaginer un gidéaire à partie d'une couverture de feu Casus Belli première époque.

Je suis joie.

jeudi 20 août 2020

Blue Planet, Dark Moon

Parfois votre imagination fait faire une petite balade, purement mentale, à votre esprit. Parfois cette balade se révèle être une boucle et vous êtes revenu·e à votre point de départ.

Démonstration.

Vous vous rappelez Alastor 55, mon mini-setting pour faire du jeu de rôle dans un environnement S-F sombre, très sombre ? À l'origine d'Alastor 55, il y a la couverture de Casus Belli n°55, par Olivier Vatine. Puisque le principe c'était d'imaginer un mini-JdR à partir d'une des couvertures de ce magazine (chose que j'avais déjà faite avec Station Mérovée).

La couverture de Casus Belli n°55.

De cette couverture, qui m'a inspiré Alastor 55, j'aime surtout le décor S-F : le métal, la soldate et le robot. Je suis beaucoup moins séduit par le machin squelettique dans l'entrée. Et pourtant c'est ce machin squelettique — et plutôt moche — qui m'a fait imaginer un satellite lointain hanté par des "créatures des Ténèbres". Et le postulat de départ, c'était juste ça : une lune avec des "démons". C'est après que j'ai imaginé une population de premiers colons humains lucifériens, adorateurs potentiels de ces "démons". Et, franchement, je ne sais pas comment j'en suis arrivé à cette idée...

L'intérêt principal d'Alastor 55, à mes yeux, c'est le choc né de la rencontre entre cette première vague de colons lucifériens et la seconde vague : les corporations, les mineurs et l'administration des Nations Unies (c-a-d de la Terre). Dans Alastor 55, les joueurs et joueuses interprètent des enquêteurs·trices de l'ONU chargé·es de faire régner l'ordre et la paix sur Alastor 55. Un élément essentiel des scénarios va être leurs interactions avec les Alastorien·nes, les humain·es de la première colonisation. Si ceux·celles-ci sont tou·tes adeptes du Démon, le culte peut prendre de nombreuses formes, des plus civilisées (et socialement acceptables) aux plus horribles et inhumaines. J'aime l'idée d'une rencontre entre deux cultures humaines très différentes dans un monde S-F, deux formes de colonisation que tout oppose : les premiers colons se sont installés pour pratiquer leur religion (profondément chelou) tranquillement, les seconds pour se faire plein de thunes.

Je connais un autre univers S-F qui confronte deux cultures humaines coloniales : Poseidon, le cadre du jeu de rôle Blue Planet. Je vous cite le Grog :

"2199, système Serpentis, planète Poseidon. Un monde frontière... un monde aquatique à 98%... la première colonie à l'extérieur du système solaire. Mais quelle est la motivation qui pousse des dizaines de milliers de personnes à quitter leur bonne vieille Terre, pour tenter l'aventure sur un monde dangereux où tout est encore à construire : la promesse d'une vie nouvelle ? Un écosystème encore intact ? Ou bien la possibilité de devenir riche en exploitant des gisements de xénosilicates : ces minéraux qui détiennent la clé de l'immortalité...

C'est une véritable ruée vers l'or qui se déroule sur cette planète encore vierge il y a quelques années, et où les intérêts des plus grosses corporations sont difficilement contrôlés par le gouvernement colonial de la GEO (Global Ecological Organization). La nécessité de devoir traverser un trou de ver pour pouvoir accéder à ce système solaire, éloigné de plusieurs dizaines d'années lumières, rend la colonie plus isolée que celles de Mars, ou de la Lune. Une planète sans vie intelligente ? Apparemment, tout au moins si on exclut les peuplades natives, issues d'un premier effort de colonisation datant de plus d'un siècle auparavant. Une famine, engendrée par un virus destructeur, avait alors provoqué sur la Terre l'effondrement de l'économie mondiale, causé des millions de victimes, et coupé la nouvelle colonie de tout soutien, et de toute communication. Celle-ci, composée de quelques milliers d'individus d'exception, avait régressé jusqu'au niveau technologique des peuplades du Pacifique au XIXe siècle, mais avait survécu et prospéré.

Avec le temps, ces natifs en vinrent à ne plus rien espérer de la Terre, et ont fait de Poséidon leur planète... Avec le recontact, puis la découverte des précieuses ressources par des chercheurs, l'arrivée massive d'immigrants n'est pas sans provoquer des frictions : les mouvements terroristes se multiplient alors que les corporations vont jusqu'à exproprier ceux qui sont parfois considérés comme des sauvages, pour pouvoir exploiter les précieux xénosilicates. La GEO essaie de protéger l'environnement et les natifs, tout en contrôlant le développement industriel de la planète. Et cependant, son existence en tant que gouvernement mondial est remise en cause par de nombreux intérêts qui souhaiteraient que l'ONU soit réinstituée. Un orage gronde sur Poséidon, et il se pourrait qu'il éclate bientôt."

J'ai la première édition de ce jeu sur mes étagères et c'est un univers que j'aime beaucoup. Je l'aime pour deux raisons. La première c'est son cadre : la mer, le soleil, les cocotiers (extra-terrestres, certes), les lagons bleus, les plages de sable fin... Vous je ne sais pas mais moi ça me vend du rêve. La seconde raison c'est que Blue Planet parle, entre autres choses, de la rencontre, peu apaisée, de deux vagues de colonisation différentes. Vous avez d'un côté les premiers colons qui ont adopté le mode de vie "des peuplades du Pacifique au XIXe siècle", suite à un isolement prolongé. Et, de l'autre, vous avez les corporations, les autorités terriennes, les nouveaux pionniers... Et les PJ.

Et j'adore ça. Vraiment. Les conflits entre deux populations humaines dans un univers science-fictionnel m'intéressent beaucoup plus que ceux issus de la rencontre des humain•es avec un peuple extra-terrestre. Et j'ai retrouvé cet aspect dans Alastor 55. D'un côté, vous avez les premiers colons, tous lucifériens convaincus. Et, en face, vous avez les derniers arrivés : les corpos et leurs salarié·es venu·es exploiter les gisements de ravenium d'Alastor 55. La subtilité résidant dans le fait que les premiers colons lucifériens ne sont pas, d'office, malveillants du fait de leur religion ô combien atypique. Si certains sont d'authentiques psychopathes, d'autres sont tout à fait sociables et civilisés. Charge aux PJ de naviguer dans cette culture "différente" sans en avoir forcément les codes...

La Poseidon de Blue Planet me fait énormément penser à la planète Aquablue, de la série du même nom : planète océanique, discours écologiste, mystique xéno mystérieuse, secrets, corpos terriennes avides et violentes, colonisation brutale, résistance indigène... À se demander si les auteur·es de Blue Planet n'ont pas eu les BD d'Olivier Vatine entre les mains avant d'écrire leur jeu (la série a été traduite, en partie, en anglais)... Tiens, Olivier Vatine. C'est marrant, c'est justement lui l'auteur de la couverture du Casus Belli n°55, celle qui m'a inspiré Alastor 55. C'est d'autant plus "marrant" que cette couverture fait référence à... Aquablue ! Tout est lié.

Voilà. C'est ça une boucle imaginaire.

Agents de l'ONU dans les entrailles d'Alastor 55 ?
Par Ciro Tota.

jeudi 9 juillet 2020

Alastor 55 – Et on joue avec quelles règles ?


Celles que vous voulez.

Contrairement à Station Mérovée – où je vous avais fourni un mini-système pour jouer –, je ne vais rien écrire de tel pour Alastor 55. Cependant j'ai quand-même ma petite idée sur quelles règles utiliser pour jouer dans cet univers. Je vous invite chaudement à utiliser Extinction de Kobayashi, du moins celles et ceux qui, comme moi, aiment les systèmes simples.

Extinction est un jeu de rôle de Science-Fiction "survivaliste" en anglais et écrit par un Français, Kobayashi donc. Un anglais très très accessible: je ne suis pas toujours à l'aise dans cette langue mais, là, je n'ai eu aucune difficulté. Le jeu, disponible sur Drive Thru en POD et pdf, fait 78 pages, scénario inclus.
Extinction est un hack de The Black Hack, soit (encore) un néo-clone de l'Ancêtre. Vous n'échapperez pas à la page de mentions légales OGL/Wizards of the Coast à la fin de l'ouvrage. Seul·es les joueurs et joueuses lancent les dés. C'est du roll under: il faut faire le moins possible avec un d20. Les caracs sont celles de D&D, sauf Wisdom qui devient Nerve, S-F horrifique oblige. Les ressources et d'autres éléments de jeu se voient attribués un "dé d'usage" susceptible de dégrader, sur un résultat de "1" ou "2", à certains moments. Un d8 devient un d6 puis un d4 puis la ressource, ou l'élément de jeu, disparaît. Cette ressource pouvant être le sang-froid des PJ...
Car Extinction est un jeu de rôle d'Horreur dans l'Espace. C'est conçu pour faire du Alien, Outland ou Event Horizon. C'est dit.

Je vous recommande ce jeu pour jouer sur Alastor 55 pour tout un tas de raisons. Pour sa simplicité, sa clarté, sa concision... Pour son thème, totalement raccord avec celui de Alastor 55. Dans Extinction, vous avez quasiment tout ce qu'il faut, en plus de la prose déjà publiée sur ce blog, pour lancer vos PJ sur la lune sataniste. Sauf un scénario, certes, mais vous avez 14 pistes ici.
D'ailleurs, vous pouvez vous servir des caracs des PNJ (pages 66 à 68) et Aliens (pages 70 et 71) pour peupler vos parties. Un "Cannibal warrior" devient un cultiste luciférien et un "Mimic" un doppelgänger extra-terrestre. Bon, pour être tout à fait honnête, il faudrait créer des PNJ et Aliens plus adaptés et spécifiques. J'essaie de vous proposer ça dans les prochaines semaines.

Même si Alastor 55 vous laisse froid, mais que vous êtes amateur·trice de S-F qui fait peur et de systèmes simples, je ne saurais trop vous encourager à lire Extinction.

Il y a plein d'autres options ludiques pour explorer Alastor 55. Et vous avez certainement des idées.
Personnellement, je peux aussi vous suggérer Voidheist de Chris McDowall, l'auteur de Into the Odd et Electric Bastionland. Chris McDowall qui touche sa bille en game design. Il était fasciné par les "classes de perso" de Mothership RPG – qu'il trouve très évocatrices du setting – et par les compétences de Blades in the Dark – et ce qu'elles amènent en cours de jeu – et a voulu mixer tout ça dans un JdR de S-F. Ça a donné Voidheist. C'est gratuit (et accessible ici).

Couverture de Extinction.
Illustration de couverture par Alastair Jones.

mercredi 8 juillet 2020

Alastor 55 – 14 secrets, 14 pistes pour jouer

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Voici quelques pistes vous permettant de lancer une ou plusieurs parties sur Alastor 55. Ce sont autant d'affaires sur lesquelles les PJ sont susceptibles d'enquêter.

Est-il utile de préciser que, si vous êtes plutôt joueur·se que MJ, vous feriez mieux de ne pas lire la suite, sous peine de vous faire divulgâcher un futur scénario?

• De nombreux mineurs meurent d'overdose ou suite à une crise de folie due au manque. La drogue, totalement illégale, à l'origine de ces morts se nomme "l'amalgame" (la Spota-Yario de son vrai nom).  C'est un puissant stimulant du système nerveux. Elle est vendue par la pègre de Port Carbone, cher et à grande échelle.
Mais, derrière les trafiquants, se cache la corporation Stel Coal, propriétaire des plus grandes exploitations pétrolières et charbonnières d'Alastor 55. Avec ce trafic, Stel Coal booste la productivité de ses salariés à peu de frais. Mieux: elle récupère une bonne partie des salaires versés. La corporation se sert de la pègre locale pour la distribution.

• Des corps de colons décédés disparaissent, discrètement. 
Stel Coal s'est associée à un magicien noir du Cercle. Celui-ci transforme en zombies les morts que Stel Coal lui fournit. Ces zombies s'en vont travailler docilement dans les galeries les plus dangereuses et les plus profondes des mines et, en échange, le magicien peut conserver une partie des corps pour ses propres "expériences".

• Les ingénieurs de Stel Coal ont découvert une ancienne cité extra-terrestre déserte dans la plus grande mine de charbon de la Sphère humaine. En vertu de la section 9 du Code planétaire des Nations Unies, l'exploitation du site devrait être interrompue pendant plusieurs mois, voire années, pour permettre son étude par les scientifiques de l'ONU.
C'est hors de question pour Stel Coal: le profit avant tout. La découverte du site est restée secrète et les gêneurs éliminés. La cité extra-terrestre est ravagée par les excavatrices robotisées et parcourue par des mineurs qui ignorent qu'ils foulent les artères d'une ville xéno.

• Les Mélodien·nes paraissent un peu plus sociables que nombre de leurs coreligionnaires alastorien·nes. Mais, derrière la façade bruyante et sonore de leurs communautés, on trouve quelques satanistes extrémistes aussi barré·es que les pires Absolu·es et Alastoréen·nes.
En conséquence, parmi les foules de travailleur·ses qui viennent se distraire à Motorhead, certain·es ne repartent jamais.

• Des milliers de "terroristes" – des Absolu·es pour l'essentiel, avec femmes et enfants – ont été enfermé·es dans un camp de concentration par les Nations Unies. Un camp où les conditions de détention ont plus à voir avec Frênes qu'avec Auschwitz.
À l'insu des autorités pénitentiaires, une partie croissante du personnel carcéral du camp se convertit à la "religion" des prisonnier·ères. Des conversions facilitées par la capacité des Absolu·es à mettre des incubes/succubes extra-terrestres dans le lit des maton·es.

• Afin d'affaiblir l'ONU – le Bloc corpo espère bien annexer le satellite –, Stel Coal, dans le plus grand secret, fournit des missiles sol-air aux Absolu·es de Stygia. Les missiles vont permettre aux Alastorien·nes d'interdire aux aéronefs des Nations Unies le ravitaillement de la garnison locale de casques bleus.
Celle-ci ne le sait pas encore mais elle va bientôt se retrouver à jouer les premiers rôles dans un remake de Stalingrad croisé avec Hellraiser.

• Les ancien·nes habitant·es non-humain·es d'Alastor 55 n'étaient pas des enfants de chœur, loin de là. Il·elles adoraient des entités, extra-terrestres elles-aussi, malveillantes et forcément indicibles.
Si ces premier·ères habitant·es ont disparu depuis longtemps, leurs fantômes et les entités qu'il·elles vénéraient sont toujours là et se réveillent en masse suite aux activités des Terrien·es, Alastorien·nes et colons confondus.

• Les Terrien·es ont déjà découvert des cités de ce premier peuple disparu à la surface d'Alastor. Mais l'architecture étrange (indicible et non-euclidienne?) des bâtiments a fait que ces cités ont été confondues avec des formations minérales "originales". De toute façon, l'atmosphère très particulière des lieux a fait que les rares visiteur·ses ne se sont pas attardé·es.
Quelques géologues se sont rendu·es sur place pour étudier ces sites. Celles et ceux qui ont deviné qu'il s'agissait de bâtis anciennement habités ont voulu explorer les lieux plus en profondeur et ne sont jamais revenu·es.

• Sur Alastor 55, la magie noire fonctionne. Et le culte rendu à Satan et aux démons a des effets réels. Mais les entités qui répondent à l'appel des fidèles n'ont rien de terrestres. Ce sont les fantômes des ancien·nes habitant·es non-humain·es et les entités qu'il·elles vénéraient qui se manifestent.
Seul·es les Alastorén·nes ont conscience de cette réalité. Une réalité qu'il·elles gardent pour eux·elles.

• Certaines communautés alastoréen·nes sont allées très loin dans le culte rendu aux dieux et déesses d'Alastor. Elles ont abandonné les corps, vivants, de nombreux·ses fidèles aux âmes des ancien·nes habitant·es non-humain·es d'Alastor 55.
Dans les coins les plus reculées du satellite, des clans entiers sont dorénavant constitués de fantômes extra-terrestres occupant des corps humains.

• S'éloigner de sa communauté, indigène ou coloniale, c'est mourir. La planète est beaucoup trop dangereuse pour qu'une famille isolée puisse survivre plus de quelques mois "à l'extérieur". Les Alastorien·nes de toutes obédience le savent parfaitement. Dans leur culture, une condamnation à l'exil équivaut à une mise à mort.
Mais il·elles n'ont pas jugé utile de le dire aux colons...

• Le centre pénitentiaire n°1 des Nations Unies sur Alastor 55 accueille les délinquants et criminels non-indigènes. Contre toute attente, de nombreux prisonniers – c'est une prison pour hommes – ont "rencontré Dieu" et forment une communauté de pieux repentis. L'administration pénitentiaire laisse faire, bien contente que la religion vienne apaiser l'atmosphère du centre carcéral.
Le "prêtre" de la petite communauté n'a pas été contacté par Dieu ou Jésus. L'entité qui s'adresse à lui est, sans qu'il le sache, une entité extra-terrestre bienveillante, ennemie de celles maléfiques qui rampent sous la surface d'Alastor 55 depuis des éons.

• Des fondamentalistes monothéistes de Mars sont en train d'assembler une bombe thermonucléaire dans un puits de mine abandonné. Ceci afin de "faire disparaître l'antichambre de l'Enfer de la Galaxie".
Ont-il·elles vraiment tort?

• Un homme noir, seul, avec une guitare, parcourt inlassablement les routes et les sentiers d'Alastor 55.
C'est le Diable, le vrai, l'Adversaire de Dieu, l'Ange déchu. Il est venu ramener ses ouailles dans le droit chemin. Ben oui: les dites ouailles ne font rien qu'à adorer – sans forcément le savoir – des entités maléfiques, certes, mais extra-terrestres. Tout se perd.
Un bouc noir le suit.

On se fait un petit sabbat?
Photo extraite de Ghosts of Mars, de John Carpenter.

lundi 6 juillet 2020

Alastor 55 – L'univers

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Aujourd'hui, je vous propose un mini-setting mêlant S-F et Horreur inspiré de la couverture de Casus Belli n°55, par Olivier Vatine: Alastor 55.
Un peu d'Histoire

An 2168 : L'ONU vient de perdre la Première Guerre des Autonomes. L'Assemblée générale reconnaît le droit aux planètes colonisées indépendantes de facto de s'auto-gérer comme elles l'entendent. L'appartenance de ces mondes aux Nations Unies devient purement théorique.
L'article 3 du traité de paix autorise de nouvelles communautés à s'affranchir de la tutelle terrienne lorsqu'elles colonisent un nouveau monde.

An 2175 : Des membres de l'Église Luciférienne Unifiée, fuyant le retour en force des fondamentalismes monothéistes sur Terre et sur Mars, s'installent sur Alastor 55. Ce petit satellite, forestier et marécageux, d'une géante gazeuse située dans le bras Écu-Croix, a été terraformée et peut accueillir ses premiers colons.

An 2185 : Les Luciférien·es sont devenu·es largement majoritaires et votent massivement pour l'indépendance d'Alastor 55. L'ONU, en vertu des traités signés, reconnaît la souveraineté de la lune  brune dans les semaines qui suivent. Et ceci en dépit des cris outragés des curés, rabbins et imams terriens, scandalisés par l'existence d'un monde indépendant de "satanistes". Les relations entre la lune souveraine et le reste de la Sphère humaine sont interrompues. Totalement.

An 2196 : L'Alliance des Planètes Libres est vaincue par les Nations Unies lors de la Seconde Guerre des Autonomes. Alastor 55, enfermé dans son splendide isolement, n'a pas pris part au conflit. Les Nations Unies abolissent les traités et reprennent le contrôle des mondes majeurs.

An 2198 : Une escadre terrienne lance un ultimatum aux autorités d'Alastor 55: la lune doit rouvrir ses frontières et reprendre contact avec l'ONU. Silence radio. Une division d'infanterie est débarquée. Les casques bleus découvrent un monde en proie au chaos. Les habitant·es se déchirent dans un conflit larvé interminable entre les différentes chapelles satanistes depuis cinq ans. Les militaires terrien·nes découvrent des communautés où l'esclavage, le meurtre, le cannibalisme, la nécrophilie, le viol, la torture physique et psychologique et les sacrifices humains sont systématiques et encouragés.
Peut-être plus inquiétant encore : de nombreux phénomènes surnaturels mortels accablent la population alastorienne de manière croissante. Les autochtones parlent des "démons et démones" arrivées sur Alastor suite aux rituels menés par les différents groupes lucifériens. Qu'il y aurait sur le satellite quelque chose de propice à la magie la plus sombre...

An 2199 : Le bilan économique d'Alastor 55 est jugé nul par les Nations Unies, contrairement au coût de l'occupation du satellite. Les troupes terriennes rembarquent. Les casques bleus et fonctionnaires de l'ONU qui ont foulé le sol de la lune évoquent "une fosse d'abominations", "une antichambre de l'horreur", "un gouffre d'inhumanité", "les portes de l'enfer"...

An 2207 : Des habitant·es d'Alastor appellent les Nations Unies au secours. Les "démon·es" et les satanistes "extrémistes" seraient en train de prendre le contrôle de la lune. L'ONU ne répond pas à la requête.

An 2210 : Une expédition corporatiste trouve du charbon et du pétrole dans un coin isolé d'Alastor 55. Les gisements sont gigantesques. Suite à cette découverte, l'ONU décide de revenir sur Alastor pour "venir en aide à la population alastorienne prise en otage par de dangereux fanatiques".
Les casques bleus débarqués en premier découvrent une planète qui a basculé dans les ténèbres. Mais, pour l'ONU et le Bloc Corporatiste derrière elle, il est hors de question que les démon·es, les sorcières , les mages noirs et les satanistes fanatiques viennent entraver l'exploitation des richesses de la lune brune.

C'est là que les PJ entrent en jeu.

On joue qui ?

Des agent·es de l'ONU envoyé·es sur Alastor 55.
Officiellement : il·elles sont chargé·es de "porter assistance" à la population locale et de rétablir "l'état de droit" sur Alastor 55.
Officieusement : il·elles doivent permettre l'exploitation du charbon et du pétrole du satellite sans interférence des indigènes.
Votre race : humain·e, clone, mutant·e, cyborg, psionique, robot, synthétique... Il n'y a pas d'extra-terrestres en tant que tels dans Alastor 55. Et n'oubliez pas que les différent mondes colonisés – y compris les stations orbitales, les astéroïdes et les nomades – ont créé autant de nouvelles physiologies humaines.
Votre classe : légionnaire, mentat, scientifique, technicien, prêtre, éclaireur, corporate, journaliste, humanitaire...

Alastor 55, ça ressemble à quoi ?

La lune est essentiellement couverte de forêts et de marais. Mais vous y trouverez aussi des montagnes, des prairies, des déserts... L'océan ne couvre que 6% de la surface. Si les températures sont assez variables, de polaires à tropicales, le climat est cependant très humide. Le brouillard, la pluie et la neige sont omniprésentes. Et les tempêtes ne sont pas rares.
Si la faune et la flore sont d'origine terriennes, on observe de nombreuses mutations locales. Certaines de ces mutations se révélant plutôt dangereuses pour l'être humain.
Un endroit sinistre en fait.

Qui sont les Alastoriens et les Alastoriennes "indigènes" ?

Des humain·es, satanistes à 99,99%. Mais le culte qu'il·elles rendent à Satan peut prendre de nombreuses formes. On compte six sectes qui rassemblent la plus grande partie de la population indigène. Si toutes pratiquent la magie noire, toutes ne versent pas dans les excès sanguinaires qu'on leur attribue dans les bars de Mars et sur les ondes des radios terriennes.

Les Porteur·ses de Lumière. Mélange improbable entre des puritain·es et des gothiques, les Porteurs et Porteuses de Lumière sont des satanistes "traditionalistes". Adorateurs·trices de l'Ange déchu, il·elles se montrent particulièrement poli·es, sociables... et un peu froid·es.
Leur comportement est assez conventionnel. Les excès sont rares et réservés au cercle intime.

Les Mélodien·nes. La communion avec le Démon se fait avant tout à travers la musique. La musique forte de préférence. Ce sont des jouisseurs et des jouisseuses, peu intéressé·es par les querelles théologiques des autres sectes.
Leurs guerriers et guerrières néo-vikings sont redoutables au corps à corps. Le volume de leurs décibels aussi.

Le Sabbat. Une communauté essentiellement féminine où le culte se pratique via une relation directe, sauvage et charnelle, avec le Démon. Si certains groupes se contentent de l'expérience des sens, d'autres, plus radicaux, détruisent les âmes et les chairs.

Le Cercle. Des magiciens et des magiciennes, surtout des magiciens. Pour les membres du Cercle, la magie noire est un cadeau que Satan a fait aux hommes et aux femmes. Il·elles sont peu nombreux·ses et ne quittent guère leurs laboratoires.

Les Absolu·es. Ce sont à eux·elles que le grand public terrien pense en premier lieu lorsque les infos parlent d'Alastor 55. Les Absolu·es ont rejeté les lois humaines. Leur engagement dans le Mal se veut total et ce sont les premier·ères à pratiquer "l'esclavage, le meurtre, le cannibalisme, la nécrophilie, le viol, la torture physique et psychologique et les sacrifices humains" mentionnés plus haut.
Est-il utile de préciser que, dans ces conditions, la plus grande partie de leurs communautés ont beaucoup de mal à être viables socialement et économiquement? Et que les psychotiques et les autistes, du côté des victimes, et les pervers et les psychopathes, du côté des bourreaux, sont sur-sur-représentés dans leurs clans?

Les Alastoréen·nes. Ces croyant·es ont rejeté les origines terriennes du culte. Il·elles déclarent avoir découvert un Mal plus ancien, plus authentique, sur Alastor même. Un Mal extra-terrestre, profondément inhumain, indicible. Un Mal auquel il·elles rendent un culte absolu et total.

Du fait de l'absence d'un vrai tissu industriel, ceci malgré les ressources énergétiques énormes, et du long isolement de la lune, le niveau technologique des Alastorien·nes a largement régressé. Certaines communautés vivent comme à l'époque du Moyen Âge de l'ancienne Terre. Les mieux dotées ont un niveau pré-stellaire.

Et les Non-Alastorien·nes?

En plus des agents des Nations Unies et des corporations, l'astroport d'Alastor accueille chaque jour des centaines de nouveaux colons venu·s travailler dans les mines de charbon et les exploitations pétrolières. La plupart sont originaires de la Terre et de Mars, où les chômeurs et chômeuses se comptent par milliards.
Certain·s colons décident de tenter leur chance en dehors des enclaves de l'ONU et des corpos. Il·elles s'en vont fonder une exploitation agricole ou énergétique au-delà des enceintes électrifiées des cités coloniales, pour le meilleur et pour le pire. Souvent pour le pire.
La plupart ne croient pas aux rumeurs disant que, sur Alastor 55, la magie "marche" et qu'il y aurait des "démons". D'ailleurs les autorités nient.

Quelle est la situation?

L'ONU et les corpos ne contrôlent que les territoires limitrophes des exploitations et des infrastructures. Ce qui n'empêche pas leurs agent·es d'intervenir et d'investiguer n'importe où à la surface de la planète lorsque c'est nécessaire. En théorie.
Pour les Nations Unies, Alastor 55 est un "protectorat", un état autonome ayant demandé la protection de l'Organisation. Et le protectorat couvre l'ensemble du satellite.
Un tiers des indigènes vit sous l'administration directe et indirecte de l'ONU et des corpos.
Le satanisme est toléré tant que ça ne déborde pas sur des actes délictueux ou criminels mettant à mal l'ordre public. Pour nombre de ces indigènes "administré·es", l'occupation constitue un mal nécessaire, face à la menace grandissante des entités hostiles et des Absolu·es et Alastoréen·nes fanatisé·es.
On trouve de nombreux·ses Porteur·ses de Lumière et Mélodien·nes dans les enclaves des Nations Unies, quelques membres du Sabbat et du Cercle et aucun·e Absolu·e ou Alastorén·ne. Pas sous leur véritable identité du moins, puisque ces deux dernières sectes rejettent violemment la présence "étrangère impie".

Quelques lieux notables:

Port Carbone. C'est l'astroport d'Alastor 55, là où arrivent les colons et là où partent les supertankers chargés à bloc d'énergie fossile. Une mégalopole bruyante et polluée, avec une atmosphère très "frontière".
L'administration de l'ONU et les corpos y ont leurs bureaux.

Salem. La "capitale". Ville fondée par les premier·ères colons de l'Église Luciférienne Unifiée en 2175. Une petite cité pré-industrielle à l'apparence tranquille, où les choses se disent et se font derrière les murs les plus épais. La cathédrale luciférienne constitue le cœur névralgique de la ville. Ses flèches noires se distinguent à des centaines de kilomètres à la ronde.

Motorhead. Une petite ville mélodienne où la bière (locale) et la musique coulent à flots. L'un des rares endroits où indigènes et colons se mélangent. Quantité de mineurs·ses viennent y claquer tout ou partie de leur paie. Les bordels sont réputés, la nourriture et la boisson excellentes et les bagarres fréquentes.

Stygia. Une cité fondée par des Absolu·es et des Alastorén·nes fanatiques. Les casques bleus ont rasé la ville une première fois en 2198 puis une seconde fois en 2210. C'est un vaste champ de ruines dont la plus grande partie du bâti souterrain est demeuré intact.
Une petite garnison terrienne est présente, pour éviter que les ancien·nes habitant·es ne reviennent s'installer. En vain puisque, à la nuit tombée, les ombres se font de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu'une étrange mélopée monte des sous-sols.

Je vous mettrai les secrets d'Alastor 55 – les dangers et les menaces – dans un article à part, afin de ne pas divulgâcher des joueurs et joueuses potentiel·les.

Voilà. Ce n'est qu'un premier jet mais dites-moi ce que vous en pensez.

Quelques inspirations :

Alastorienne "typique".
Par Simon Goinard (original ici).

Faire un mini-setting à partir de la couverture d'un vieux Casus Belli

En travaillant sur Station Mérovée, j'ai eu beaucoup plus de facilités à écrire sur l'univers que sur les règles. J'ai écrit la mini-présentation du setting d'une traite tandis qu'il m'a fallu plus d'une semaine pour pondre le système, mini lui aussi. La différence étant que l'univers m'a été directement inspiré par la couverture de Jean-Louis Mourier, tandis que les règles m'ont été inspirées par rien du tout et sont nées de la nécessité d'adjoindre un système au setting.
Mais comme je fais ce blog surtout pour me faire plaisir, on va dorénavant procéder différemment.

Il y a encore pas mal de couvertures de vieux Casus qui m'inspirent des mondes imaginaires. Beaucoup. Même si j'ai des idées et des désirs concernant les systèmes à utiliser avec, je n'ai pas envie d'y passer plus de temps que ça. En conséquence, je vais me contenter, pour l'instant, de vous proposer des mini-settings inspirés des couvertures que j'aime.

Et je n'ai pas envie de me limiter à une seule page de background aussi. J'ai envie d'en mettre un chouïa plus.

On commence aujourd'hui avec la couverture du Casus Belli n°55 illustrée par Olivier Vatine. Celle-ci:

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Cette couverture est en lien direct avec la BD Aquablue, du même Olivier Vatine (et Thierry Cailleteau au scénario). Le numéro 55 de Casus Belli contient une adaptation de l'univers d'Aquablue pour le jeu de rôle SimulacreS, le système générique "maison" de CB à cette époque.
Et elle est assez surprenante cette couverture...

Sur la partie droite de l'image, on reconnaît bien l'univers d'Aquablue. Vous avez cette combattante qui n'est pas sans rappeler les militaires de l'armée privée d'Ulla Morgenstern. Quant au petit robot, c'est Cybot: "le robot-nurse, responsable de Nao (le héros de la BD) depuis sa naissance". Cette partie droite fait très S-F et, en cela, correspond bien à l'imaginaire lié à Aquablue.

Et puis il y a la partie gauche... Avec une sorte de canard-squelette géant extra-terrestre. Hum... Aquablue raconte la résistance à la colonisation terrienne des habitant·es extra-terrestres d'une paisible planète aquatique. Mais, perso, je ne trouve pas ce "canard-squelette géant extra-terrestre" très "aquatique". Je le trouve plutôt "nécromantique" moi ce canard. Et je me demande ce que Olivier Vatine avait en tête lorsqu'il a dessiné cette couverture...

Bref, cette couverture m'inspire toute autre chose qu'un paradis écologique agressé par les méchants Terrien·nes. Elle m'inspire une planète autrement plus sinistre: Alastor 55. On en reparle bientôt.

jeudi 2 avril 2020

Annexe B

Illustration de Jean Giraud/Mœbius.
Si il y a bien un domaine artistique populaire où les Francophones n'ont pas à rougir par rapport aux Anglo-saxons, c'est bien la Bande-Dessinée. La production franco-belge est ancienne, pléthorique, reconnue et, surtout, elle recèle des trésors.
Lorsque j'ai commencé à imaginer une "Annexe L"¹, d'œuvres littéraires de genre francophones, susceptible d'inspirer et de motiver un jeu de rôle "original", j'avais déjà dans l'idée qu'il fallait lui adjoindre une "Annexe B", recensant toutes les BD francophones qui m'ont marqué, intrigué, inspiré, et qui pourraient contribuer à l'élaboration de M le jeu de rôle.
C'est parti:

Christophe ArlestonLanfeust de Troy (avec Didier Tarquin), Trolls de Troy (avec Jean-Louis Mourier), Lanfeust des Étoiles (avec Didier Tarquin).

Alain Ayrolles: De cape et de crocs (avec Jean-Luc Masbou), Garulfo (avec Bruno Maïorana), Sept Missionnaires (avec Luigi Critone).


Fred Blanchard: Ran Corvo (avec Doug Headline), Tao Bang (avec Olivier Vatine, Daniel Pecqueur et Didier Cassegrain).

François BourgeonBrunelle et Colin (avec Robert Génin), Les Passagers du ventLes Compagnons du crépusculeLe Cycle de Cyann.

Carmen Mc Callum (par Fred Duval et Gess).

Philippe CazaLe Monde d'Arkadi, L'Âge d'ombre.

Donjon Zénith (par Lewis Trondheim et Joann Sfar).


Edgar P. JacobsBlake et Mortimer.

Alejandro JodorowskyLes Aventures d'Alef-Thau (avec Arno), L'Incal (avec Mœbius), La Caste des Méta-Barons (avec Juan Giménez), Les Technopères (avec Zoran Janjetov et Fred Beltran), Megalex (avec Fred Beltran).

La Brigade Chimérique (par Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess et Céline Bessonneau).

Lastman (par Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville).

Les Aventures de Tintin (par Hergé).

Olivier LedroitChroniques de la Lune noire (avec Froideval), Requiem, chevalier vampire (avec Pat Mills), Wika (avec Thomas Day et Olivier Ledroit).

Les Cités obscures (par François Schuiten et Benoît Peeters).

Les Eaux de Mortelune (par Patrick Cothias et Philippe Adamov).

Légendes des contrées oubliées (par Bruno Chevalier et Thierry Ségur).

Le vagabond des Limbes (par Christian Godard, Julio Ribera, Jean-Jacques Chagnaud et Claudine Pinet).


Métal Hurlant (magazine).

Rork (par Andreas).

Grzegorz RosińskiThorgal (avec Jean Van Hamme)Le Grand Pouvoir du Chninkel (avec Jean Van Hamme)La Complainte des landes perdues (avec Jean Dufaux).

Guillaume Sorel.

Spirou (magazine).


Tintin (magazine).

Le Transperceneige (par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette).

Valerian et Laureline (par Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tranlé).

Olivier VatineAquablue (avec Thierry Cailleteau), Niourk (d'après le roman de Stefan Wul).

Fabien Velhman: Seuls (avec Bruno Gazzotti), Des lendemains sans nuages (avec Bruno Gazotti), Le Marquis d'Anaon (avec Matthieu Bonhomme et Delf).

VinceEden, Campbell, voyageur du temps (avec Stanislas Manoukian), Tess Wood, prisonnière du futur (avec Stanislas Manoukian), Tess Wood & Campbell (avec Stanislas Manoukian), Vortex (avec Stanislas Manoukian).
Claire Wendling. Les Lumières de l'Amalou.

Michel WeylanAria.

Yoko Tsuno (par Roger Leloup).

Quelques remarques concernant la "méthodologie" – ce n'en est pas vraiment une, on est plutôt à fond dans l'hyper-subjectivité – utilisée pour établir cette liste:
  • Cette liste n'est en rien définitive et d'autres noms sont susceptibles de venir s'y ajouter.
  • Je m'en suis tenu aux seuls auteur·es francophones. 
  • Je n'ai pas cherché à omettre les auteures de BD mais, comme pour les ouvrages littéraires, c'est un peu la misère. Le Patriarcat, une fois encore. Gageons que ça va évoluer dans les prochaines décennies...
  • Je n'ai pas fait de distinction entre la BD "classique" et la BD "populaire". De toute façon, la BD est, en soi, un art "populaire".
  • Je n'ai pas omis les auteur·es qui, bien que francophones, étaient largement influencé·es par la BD en langue étrangère, et notamment les comics et les mangas. Ce n'est pas mon trip la "préférence nationale" de l'imaginaire.
  • J'ai mis des auteur·es et des ouvrages que je n'ai pas lus. J'ai même mis des ouvrages que je n'apprécie pas plus que ça. Si si, je suis comme ça.
  • Je ne me suis pas fixé de limite dans le temps. Il y a trop de bonnes BD sur les trois, quatre dernières décennies pour que je les passe sous silence.
  • Quand je cite un·e auteur·e, je ne cite pas forcément tous ses ouvrages juste après, seulement les plus emblématiques. Si je n'en cite aucun, c'est qu'il y a profusion de matière.
  • Comme pour les œuvres littéraires, je me suis retenu très fort pour ne pas inclure les policiers, polars, thrillers... Ça aurait fait trop de monde et ce sont des genres qui m'intéressent moins. Je me suis retenu aussi pour les BD "historiques" même si je n'ai pas pu m'empêcher d'en glisser une ou deux qui m'ont particulièrement marqué.
Cette liste d'auter·es de BD n'est pas là pour faire joli. Je compte m'en servir pour élaborer "M le jeu de rôle", mon hypothétique primo-JdR issu des sources francophones.

¹ En référence, bien évidemment, à la célèbre "Annexe N" de Gary Gygax du Dungeon Master Guide de 1979.

Extrait de la couverture de Aquablue 2 – Planète Bleue. Par Olivier Vatine.

lundi 2 mars 2020

Foulancement: Aquablue

Couverture du tome 3 d'Aquablue. Par Olivier Vatine. 
Au moment où j'écris ces lignes, il y a un foulancement en cours pour un jeu de rôle adapté de la BD Aquablue. Je n'en serai pas, pour tout un tas de raisons, pas forcément en lien avec la qualité du projet d'ailleurs. 
J'ai déjà foulancé plein de trucs auxquels je ne jouerai jamais ces derniers temps. Et, concernant Aquablue, j'aime tellement les premiers tomes de cette BD que je doute de jamais retrouver les mêmes sensations en JdR... Donc je passe mon tour.

D'autant plus que, pour moi, Aquablue c'est Olivier Vatine aux crayons. Le dessinateur des quatre premiers ouvrages. Tandis que le JdR sera illustré par Reno, le dessinateur des derniers opus. Oui, je suis un gros c... nostalgique. 

Je vous parle d'Aquablue car cette BD constitue, selon ma pomme, une excellente source d'inspiration pour les îles ensoleillées du Pacifique de la Terre du Verseau de Falling Sky (mon univers gonzo maison). Extra-terrestres primitifs, faune et flore xénos, magie bleue, humains technophiles, bikinis... Parfait.

À défaut d'agriper mon porte-monnaie, ce foulancement aura eu le bon goût de me redonner envie de me plonger dans cette superbe saga de la BD francophone. 

La Légion en 2212? llustration originale d'Olivier Vatine.