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jeudi 20 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 20: "Enquêter"

 
Quand on me parle d'enquête en JdR, je pense tout de suite à L'Appel de Cthulhu, d'office. Et pourtant L'AdC est loin d'être doté d'une superbe mécanique ludique pour tout ce qui concerne l'investigation, en dépit du titre dont sont affublés les PJ : "investigateur·trices". Car il suffit parfois d'un jet raté en "Trouver Objet Caché" ou "Bibliothèque", ou de joueur·ses fainéant·es, pour faire déraper un scénario censé rouler tout seul...

Les investigateur·trices ont un mystère à résoudre. Pour avancer dans leur enquête, il·elles doivent trouver un ou plusieurs indices. Que se passent-ils si il·elles ne les trouvent pas ? Parce qu'il·elles ont raté un jet ou omis de fouiller au bon endroit. La partie s'arrête ? Bien sûr que non. Charge au·à la pauvre MJ de rattraper le fil de l'histoire et de faire en sorte que les PJ puissent avancer malgré l'indice manquant. En général, le·la MJ fait en sorte que les PJ trouvent une autre piste vers la résolution du mystère. En plaçant l'indice à un autre endroit, en fournissant un·e indic, voire carrément en faisant des suggestions aux joueurs et joueueses (pour les MJ les plus désespéré·es)... C'est là où l'on se rend compte qu'une enquête ne peut pas dépendre d'un bête jet de TOC. Je caricature mais à peine.

Concernant ces scénarios "d'enquête", je peux vous suggérer trois pistes pour échapper à L'INDICE QUE LES PJ DOIVENT ABSOLUMENT TROUVER SINON LE SCÉNARIO N'AVANCE PAS.

La piste événementielle. Des événements surviennent, indépendamment ou pas des agissements et des avancées des PJ. C'est-à-dire que l'histoire progresse avec ou sans les PJ et que, si ceux-ci n'avancent pas, il va quand-même se passer des choses. Des événements qui vont permettre aux PJ de rebondir, de suivre d'autres pistes, trouver d'autres indices... Et d'avancer dans le scénario.

La piste sans dés. Si vous ne voulez pas que votre beau scénario repose sur un bête jet de dé, enlevez le dé. C'est-à-dire, que si les PJ regardent au bon endroit et font bien les choses, récompensez les : donnez leur l'indice. Sans jet de dé. C'est l'option retenue par Trail of Cthulhu (hormis que, dans ce dernier jeu, les PJ doivent quand même avoir la compétence adaptée, à défaut de faire un jet). 

La piste multiple. Ne faites pas tout reposer sur un seul indice pour que les PJ puissent avancer. Fournissez en plusieurs, plusieurs indices, plusieurs pistes, plusieurs informateur·trices... Sachant que certains de ces indices / pistes / informateur·trices entraîneront les PJ dans des impasses, bien évidemment. Mais multipliez les connexions menant à la résolution du mystère pour permettre aux joueurs et joueuses de rebondir si il·elles patinent trop.

J'en profite pour vous suggérer deux articles de Zak Smith, de circonstance et traduits par les bons soins des grandes âmes de PTGPTB : celui-ci (en lien avec "la piste multiple") ou celui-là (en lien avec "la piste événementielle").

mercredi 19 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 19: "Tour"

J'avais fait l'impasse sur RPGaDAY 2020 depuis quelques jours. J'étais bien pris par mon scénario pour Station Mérovée et, surtout, bien peu inspiré par les mots proposés. Reprenons.

"Tour"... Du genre : un donjon ? Comme dans Donjons & Dragons ? Ben non justement. Depuis que Guillaume le conquérant et ses comparses ont envahi l'Angleterre, et imposé leur langue pour plusieurs siècles, la langue anglaise est gavée de faux amis pour un·e francophone. "Dungeon" en fait partie. Car, en anglais, un "dungeon" n'est pas un "donjon" mais une oubliette ou un cachot souterrain. Rien à voir avec les tours fortifiées de l'Europe médiévale, hormis le fait que les oubliettes et cachots étaient bien souvent situés sous les donjons je suppose. Dungeons & Dragons aurait pu s'appeler Oubliettes & Dragons si on avait traduit le titre littéralement. Une traduction littérale à laquelle nous avons échappée et c'est tant mieux : Donjons & Dragons ça sonne très bien.

Vous imaginez un jeu de rôle nommé Donjons & Dragons où les PJ n'auraient pas pill... exploré des complexes souterrains mais des tours ? Ça aurait donné un tout autre style d'univers med-fan, non ? Hum... Pas sûr si l'on considère que, dans la production rôlistique, quantité de "donjons", au sens D&D du terme, sont des "donjons" — ou, à minima, des châteaux ou des citadelles —, au sens français du terme.

Des tours donc. Ça nous aurait donné un univers très phallique tout ça. Un univers patriarcal dans sa symbolique ? Pas sûr. Certes, les donjons D&D peuvent avoir une connotation très féminine : trous, couloirs plus ou moins humides, sous la Terre mère, trésors dissimulés... Mais de là à en faire des cadres de jeu à la symbolique matriarcale, il y a un monde. Et pour cause : qu'est-ce que l'on joue dans D&D ? Des pillards qui pénètrent dans ces donjons sans autorisation et vont et viennent à travers ses couloirs pour en piller ses richesses. Le dungeon crawling : une allégorie du viol ?

Gary ? Dave ? Un petit passage sur un divan peut-être ?

mardi 11 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 11: "Amasser"

 

Amasser les XP ? Les objets magiques ? Les oreilles de gobelins en collier ?

Rien de tout ça, moi j'amasse les JdR. J'ai une p... de collection. Attention les yeux. Que je me la pète ? Ben oui mais mes étagères de JdR je les aime d'un amour sincère.

Entre l'adolescence et l'âge adulte, j'ai revendu pour des clopinettes la plupart des jeux de rôle que j'avais acquis enfant et ado. J'ai regretté, méchamment. Du coup, dix ans plus tard, j'ai tout racheté, ou presque. Et comme je m'étais remis au JdR entre-temps, je ne me suis pas arrêté là et j'ai rempli mes étagères. Goulûment.

Du White Wolf et du Palladium Books, énormément. J'ai tout Palladium Books, ou peu s'en faut, et la plupart des ouvrages du premier Monde des Ténèbres en anglais. Pas mal de D&D, sous toutes ses formes : du TSR, du Wizards of the Coast, du D20 OGL, du Pathfinder, des clones, des néo-clones, des quasi-clones... J'ai aussi de L'Appel de Cthulhu (surtout de chez feu Sans Détour), du Heavy Gear (j'adore les mechas), du Croc période Siroz, du Grümph (presque tout), du Warhammer (V1 et V2), du Cyberpunk et du Shadowrun, tout The Mutant Epoch RPG, tout Runequest période Oriflam, et des milliards d'autres trucs. Dont plein de vieilleries, en français et en anglais (et même en catalan !). 1150 ouvrages à peu près. Une collectionnite dévorante qui déborde aussi sur les BD et les livres dont vous êtes le héros.

Sauf que les BD, j'arrive à les revendre elles. Aujourd'hui, je ne revends quasiment aucun JdR. J'ai trop peur de le regretter ensuite...

Vous me feriez remarquer que tout ceci ressemble fort à une forme de névrose obsessionnelle et vous auriez raison. Mais c'est comme ça, c'est la vie : je suis un collectionneur fou. Mais je sais que vous êtes nombreux·ses, parmi celles et ceux qui me lisaient, à être atteint·es du même mal...

lundi 10 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 10: "Vouloir"

Je veux faire des parties de jeu de rôle. Plein. Et des bonnes.

Je voudrais aussi que les personnes qui ont pondu cette liste de 31 mots pour ce RPGaDAY 2020 soient un peu plus inspirées l'année prochaine... Ou que ce soit moi qui soit un peu plus inspiré. ;-)

dimanche 9 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 9: "Lumière"

Lumière + jeu de rôle = torche ?

On parle quand-même d'un hobby qui a débuté – et qui prospère aujourd'hui – avec l'exploration de souterrains peu ou pas éclairés, non ?

Que ce soit comme MJ ou comme joueur, je ne suis pas un grand fan de Dungeon crawling. Ayant excessivement peu pratiqué D&D et ses épigones, je n'ai pas trop cette expérience du JdR. En théorie ça pourrait me plaire mais, en pratique, j'ai toujours été un peu déçu par mes parties de PMT. Et ceci quelque soit le côté de l'écran où je me trouve.

En théorie ça pourrait me plaire parce qu'il y a certains éléments du Dungeon crawling qui ont un gros potentiel ludique. Je pense en particulier à la – roulement de tambour – LUMIÈRE !

Passons rapidement sur ces elfes, nains et autres semi-hommes qui cassent l'ambiance avec leur infravision à 20 mètres. Et intéressons nous plutôt à ces pauvres humain•es, aveugles dans le noir, totalement dépendant•es de leur magie et de leurs torches pour progresser dans l'obscurité. Pour moi, un des aspects le plus intéressant des PMT, c'est la gestion des ressources. Et parmi ces dernières, les torches et les sorts "éclairants" font partie des fondamentaux. Parce que si la lumière s'éteint...

En termes de jeu, j'aime bien les Dés d'usage de The Black Hack pour gérer ça. Les ressources sont associées à des Dés d'usage : d4, d6, d8, d10... Lorsque la ressource est utilisée, on jette le Dé d'usage et, sur un résultat de "1" ou "2", le Dé d'usage est rétrogradé : un d12 devient un d10, un d10 devient un d8, un d8 devient un d6... Sur un d4, un résultat de "1" ou "2" signifie que la ressource n'est plus disponible. Bref, que la torche s'éteint. Tu la sens la grosse tension dramatique là ?

samedi 8 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 8: "Cinquante nuances peu inspirées"

Shade peut se traduire de différentes façons en français. Hélas, aucune ne m'inspire.

J'aurais pu vous parler de "teintes" et des problèmes qu'elles me posent à cause de mon daltonisme (vous ne vous étiez jamais demandé pourquoi certains articles étaient si mal illustrés ?). Mais, même moi, ça ne m'intéresse pas. 

J'aurais pu vous parler de "nuances" mais ça m'ennuie d'avance. Les nuances ça peut être très très chiant. 

J'aurais pu faire une blague par rapport à Fifty Shades of Grey mais j'ai rempli mon quota avec le titre du post.

J'aurais pu vous parler des Shades de D&D (des créatures maléfiques) mais je ne les connais pas, ou si peu. À la rigueur, c'est ce dernier thème qui m'aurait le plus botté. Je crois que les Shades des Royaumes Oubliés ont un lien avec l'ancien empire de Néthéril. C'est un sujet qui m'intéresse (Néthéril) dans un décor que j'apprécie (les Royaumes Oubliés)... Je crois que les Shades de D&D ont aussi un lien avec un mystérieux Plan des ombres, qui n'est pas sans me rappeler Rifts... et Stranger Things. J'aurai bien aimé développer tout ça.

Las... On n'a que 24 heures par mot donc.. Passons vite au suivant. 

vendredi 7 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 7: "Couple"

 

J'ai très régulièrement des couples parmi mes joueurs et joueuses.

Je n'en ai jamais parmi les PJ des aventures que je leur fais vivre. Dommage. Oui, dommage, parce que – Hollywood le fait quasi-systématiquement – un couple dans une histoire c'est cool. Ça apporte un petit quelque chose en plus, entre le romantisme et l'érotisme.

Quoique... 

On la refait. En fait, dans une histoire, un couple ce n'est pas si intéressant que ça. Un couple déjà constitué, j'entends. 

Non, ce qui est vraiment intéressant c'est un couple qui se dessine, qui se destine (ami•es poètes•poétesses...). Avant de conclure. C'est ce que font la plupart des bonnes histoires, deux inconnu•es se donnent le temps d'un•e roman / film / série pour tomber dans les bras l'un•e de l'autre un peu avant la fin. Ainsi, à la trame principale, vient s'ajouter la montée du désir et des sentiments des deux tourtereaux. Ce que Hollywood fabrique réellement, ce sont des couples en devenir. Car la montée du désir est souvent plus intéressante que son assouvissement. 

Faudrait que je suggère ça à deux de mes joueurs•euses : que leurs PJ sont en train de craquer l'un pour l'autre. Le temps d'une partie. Ou d'une campagne. 

jeudi 6 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 6: "Forêt"

Vous je ne sais pas mais, en ce qui me concerne, il y a des cadres d'aventures qui me branchent plus que d'autres. Des cadres où, assez naturellement, j'ai envie de faire jouer des parties de jeu de rôle à mes joueurs et joueuses.
Exemples (en vrac) : les déserts chauds (ergs et regs confondus), la jungle, les îles, l'océan, sous l'océan, les côtes, la glace et la neige, l'espace... Autant d'endroits où je me plais à imaginer des scénarios de JdR.
À l'inverse, il y a des cadres qui me motivent moins : la ville, la campagne, les prairies, la montagne (sauf si il y a de la glace et de la neige, beaucoup !)...

Et la forêt. 

Pop pop pop, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Une forêt – comme celles que l'on trouve par chez moi : tempérées et mêlant feuillus et conifères – ça peut faire un chouette décor. C'est juste que, de prime abord, ce n'est pas mon décor préféré.
Pour une raison assez simple : de la même façon que le JdR m'emmène loin, très loin, de mon quotidien, j'aime quand les décors de mes parties me font, eux aussi, voyager. 
Alors, forcément, une forêt "tempérée et mêlant feuillus et conifères" ça me fait plus penser à la balade du dimanche après-midi avec Madame qu'à des aventures échevelées.

Des forêts comme celles de la Lune d'Endor, de Fangorn ou de Legend peuvent me faire rêver, certes, mais c'est parce qu'elles n'ont pas la même gueule que celle à 200 mètres de chez moi. Et que je n'ai pas à y projeter des Ents, des licornes ou des stormtroopers : il y en a déjà. 

Notez que, même si je fais la fine bouche sur l'attrait des forêts en JdR, j'aime bien les arbres. Géants. J'aime bien les arbres géants. Du genre hauts de plusieurs centaines où milliers de mètres. 
Et là ? Vous la sentez mon envie d'exotisme ?

Et toi, ami•e lecteur•trice, il y a des cadres d'aventures que tu préfères à d'autres ? 

mercredi 5 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 5: "Hommage"

À Dave Arneson et Gary Gygax, sans qui je tiendrais un blog dédié à la belote coinchée ou au manga seinen. 
À Fabrice Cayla, Didier Guiserix et François Xavier Nedelec, pour les premiers jeux de rôle français. J'aurais tellement aimé que certains de ces jeux connaissent de nouvelles incarnations... (mais il n'est pas trop tard ?)

Aux contributeurs•trices de Casus Belli première époque. Ce vieux mag continue de me faire rêver aujourd'hui encore. 

À Croc, pour sa période Siroz. Quels jeux ! Quelles claques !

À Pierre Rosenthal, pour avoir créé deux de mes JdR préférés : Athanor, que j'aime pour son univers génial, sa boîte en carton de chaussures, ses illustrations de Fred Blanchard, ses règles FGU light qui voulaient être les premières de la classe, et SimulacreS, que j'aime pour sa simplicité, sa polyvalence, ses bugs, sa Fleur de l'Asiamar, sa superbe première édition, ses premières déclinaisons qui claquaient leur race (Cyber Age, Ceux des Profondeurs, Capitaine Vaudou, Aventures Extraordinaires & Machinations Infernales, de la balle de balle).

À Erick Wujcik pour toute son œuvre. Et surtout pour Ambre et Teenage Mutant Ninja Turtles & Other Strangeness. Le grand écart créatif suprême. Bravo mec. 

À Kevin Siembieda bien sûr. Pour sa persévérance. Et pour Rifts, le jeu de rôle le plus dingue de tous les temps. Merci Kev.

À tous ceux et toutes celles qui continuent à faire vivre le Jeu de Rôle grâce à leur passion.

À toi lecteur•trice ! 

mardi 4 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 4: "Vision"

Vision... La vision en JdR... Hum...
Vous le sentez mon manque d'inspiration ? Que j'ai bien peu de vision, justement, sur le sujet.

À défaut de vision mystique, je peux toujours vous causer vision en tant que perception sensorielle.
Les êtres humains sont des créatures visuelles et, en conséquence, le•la MJ aura tendance à baser ses descriptions sur le seul sens de la vue. À tort, les informations données par les autres sens des PJ participent à l'expérience du jeu de rôle et à l'ambiance. 
C'est d'autant plus vrai pour l'exploration des donjons où la faible luminosité des torches va exacerber le recours aux autres sens. Et c'est cool parce que la Menace ça marche mieux avec l'ouïe, l'odorat et le toucher. Gnark gnark gnark. 

RPGaDAY 2020 — Jour 3: "Fil"

Rhaaaaa... Il faut quand-même que je vous ponde un post sur le vrai mot du 3 août : "fil".
Un fil ? Dans un gidéaire ?

Je pense, avant tout autre chose, au fil narratif. On est bien là pour raconter une histoire, non ? (et la jouer)
Ce fil me paraît essentiel mais, en cours de partie, je l'oublie par moment. À tort puisque c'est lui qui est censé structurer l'aventure que je veux faire vivre à mes joueurs et joueuses.
Si je l'oublie trop longtemps mon fil narratif, je trouve que ma partie va perdre en consistance... et en intérêt. 

J'ai tendance à résumer ce fil à l'enjeu du scénario, à penser que l'enjeu charpente le déroulé des aventures des PJ. 
Mais en fait non. 
Le fil narratif ce n'est pas l'enjeu, c'est l'aventure elle-même. On parle de schéma narratif. Dit autrement : peu importe pourquoi les PJ avancent, l'important est qu'ils avancent. 

Même dans un format "bac à sable", j'ai besoin de structure. Ce que les PJ ont fait dans l'hexagone (ou dans la pièce) n°1 doit avoir des conséquences dans l'hexagone (ou dans la pièce) n°2. Et cetera. 
Avant de pénétrer dans le donjon, les PJ vérifient qu'ils ont de la corde. Le•la MJ doit penser à vérifier qu'il•elle en a aussi. De la corde fictionnelle.

lundi 3 août 2020

RPGaDAY 2020 — Jour 3: "Menace"

Le mot exact en anglais était thread: "fil" en français. Mon anglais étant ce qu'il est, j'ai compris "menace" dans un premier temps, threat dans la langue de Dave Arneson. Et comme je trouve les menaces beaucoup plus intéressantes que les fils...

Ah la menace... J'adore ! C'est pour moi un élément essentiel d'une bonne partie de jeu de rôle. D'ailleurs, si on regarde bien, c'est un élément essentiel de pas mal de bonnes histoires.
J'adore ça mais j'ai un vrai problème avec "la menace" : on a vite fait de décevoir.

Une menace, par définition, c'est de l'imaginaire. Au sens lacanien du terme. Les joueurs et joueuses travaillent du ciboulot sur ce qui est susceptible de tomber sur le coin de la tronche de leurs PJ chéris. En conséquence, lorsque la Menace se concrétise – et que les ennuis arrivent pour de vrai –, ces mêmes joueurs et joueuses ont vite fait d'être un (tout petit) peu déçues. Il•elles avaient imaginé pire.
Plus méchant, plus sinistre, plus dangereux... 

Pour ma défense, ce problème n'est pas que le mien. C'est celui de tou•tes les conteurs•ses depuis que l'être humain s'est mis à raconter des histoires à son•sa prochain•e ! 

RPGaDAY 2020 — Jour 2: "Changer"

Qu'est-ce qui change dans une campagne de jeu de rôle ? Franchement ?  J'en sais rien.
Des fois, les PJ sont dans le camp du changement (le Chaos !) et œuvrent à transformer le monde. Un exemple : Star Wars D6.
D'autres fois, les PJ sont dans le camp du statu quo (la Loi !) et font en sorte que les choses restent en état. Un exemple : L'Appel de Cthulhu.

Dans tous les cas, il y a un truc qui évolue peu ce sont les PJ eux-mêmes. 
À moins de faire une très longue campagne, je trouve que les rôlistes – moi le premier – se révèlent très conservateurs•trices avec leurs persos. Pas vous ?

Que ce soit en tant que joueur ou comme MJ, j'aimerais être surpris par les PJ. Que ceux-ci changent justement. Et je ne parle pas de leurs nouvelles capacités parce qu'ils ont grimpé de niveau. Je parle de leur personnalité, leur motivation, ce qui les anime... 

RPGaDAY 2020 — Jour Un: "Début"

Il faut un début à tout, non ? Même aux histoires ? Surtout aux histoires. Comment on débute une partie de jeu de rôle ? Comment JE débute une partie de jeu de rôle ?
In media res, comme disent nos ami•es latinistes. "Au milieu des choses". Ou au cœur de l'action. J'aime quand les joueurs et joueuses sont impliquées d'emblée.

Le jeu de rôle permet ça : pas besoin de pondre de longues scènes d'exposition puisque, par définition, les PJ ignorent tout ou presque de ce qui les attend... et d'eux-mêmes ! Vous avez nul besoin de présenter les personnages puisque ceux-ci vont prendre de la consistance en cours de jeu.

Plus prosaïquement, une scène d'introduction un peu "musclée" permet de faire rentrer joueurs et joueuses dans la partie rapidement. De marquer que "ça y est, c'est parti, on commence".

Comme les scénarios se suivent les uns les autres, une introduction "dynamique" implique une conclusion en forme de cliffhanger, comme disent nos ami•es anglophones. 

Dans tous les cas, c'est comme ça que je conçois MES parties.