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mercredi 17 mars 2021

[WIP ALASTOR 66] Épisode n°73 : Olivier Vatine

Couverture de Casus Belli n°55. Par Olivier Vatine.
Je vais tout de suite doucher votre enthousiasme : non, Olivier Vatine ne va pas illustrer Alastor 66. Je n'ai pas les moyens et son trait est un peu trop "lumineux" pour ce que j'imagine (ceci dit, j'essaie bien de débaucher un autre artiste au trait "lumineux" lui aussi...).

Olivier Vatine ne va pas illustrer A66 mais, par contre, il m'a donné son accord pour mettre la couverture, illustrée par lui-même, du Casus Belli n°55 dans le livre de base. Et ça c'est juste overcool car j'adore le trait de cet artiste.

Je rappelle que, avant de s'appeler Alastor 66, le projet s'appelait Alastor 55. "55" pour ce vieux numéro de Casus Belli, puisque le concept à l'origine du jeu c'était tout de même d'imaginer un gidéaire à partie d'une couverture de feu Casus Belli première époque.

Je suis joie.

jeudi 5 novembre 2020

Stelcoal Corp

Illustration de Florent "Killerklown" Didier. 
Dans un précédent post, j'évoquais 14 "secrets" de la Lune démoniaque. Des secrets susceptibles de fournir de la matière à scénarios, voire même à campagne. Parmi les Grands Méchants mentionnés dans ces 14 secrets revenait régulièrement le nom d'une mégacorporation terrienne tout ce qu'il y a de plus humaine : Stel Coal. Une mégacorporation (presque) aussi maléfique et malveillante que les sinistres entités d'A66. 

Voici un logo pour Stel Coal, fagoté par mon comparse, Florent "Killerklown" Didier. C'est parfait : sinistre à souhait et très évocateur de la noirceur inhérente à cette mégacorporation. Merci à lui.

vendredi 4 septembre 2020

Comment ALASTOR 55 est devenu ALASTOR 66

Photo extraite du film 2001 : L'Odyssée de l'Espace.
Au début il y a Alastor 55, un petit univers de S-F horrifique inspiré par la couverture de Casus Belli n°55. Une rapide relecture de la phrase qui précède — pour peu que la première lecture n'ait pas suffi — devrait mettre en lumière pourquoi j'ai appelé cet univers "Alastor 55".

Par la suite, Florent "Killerklown" Didier me contacte et me propose de bosser à deux sur une version augmentée du concept initial. L'idée : pondre un petit jeu de rôle résolument OSR se déroulant sur la lune sataniste, avec des règles simples et plein de tables aléatoires à l'intérieur. Dans un premier temps, nous restons sur le premier titre : Alastor 55.

Sauf que... Vous pensez bien que, au vu du sujet, (presque) tout le monde a pensé à "Alastor 66", où il suffirait de rajouter un troisième "6" pour avoir le nombre de la Bête. J'y ai pensé aussi, me retenant parce que ça faisait un peu cliché. Mais j'aime les clichés. Et, accessoirement, plusieurs personnes  — y compris sur ce blog — m'ont conseillé de franchir le cap et d'intituler le projet "Alastor 66". Sans que l'idée ne me froisse plus que ça.

Le projet s'est pas mal éloigné de la couverture du CB 55 et n'a plus grand chose à voir avec la couverture d'Olivier Vatine. Même si il s'agit de l'origine première du jeu, j'ai envie de couper les ponts en partant sur un nouveau projet. Avec un nouveau nom. Donc c'est vendu : en accord avec Florent "Killerklown" Didier, le jeu de rôle sur lequel nous allons travailler s'appelle dorénavant Alastor 66. J'ai procédé aux changements nécessaires sur le blog, ne soyez pas surpris si certains posts ont changé d'intitulé.

Bon, OK, la vérité c'est que nous comptons bien nous emparer du marché du jeu de rôle avec notre bébé. Et évincer Wizards of the Coast, Chaosium, Fria Ligan, Black Book et tous les autres ! Et quand nous serons les maîtres du monde, nous publierons une nouvelle édition d'Alastor 66 avec une magnifique couverture en dur où un troisième "6" apparaîtra à la suite des deux premiers si on éteint la lumière. Mouhahahaha !!!

jeudi 20 août 2020

Blue Planet, Dark Moon

Parfois votre imagination fait faire une petite balade, purement mentale, à votre esprit. Parfois cette balade se révèle être une boucle et vous êtes revenu·e à votre point de départ.

Démonstration.

Vous vous rappelez Alastor 55, mon mini-setting pour faire du jeu de rôle dans un environnement S-F sombre, très sombre ? À l'origine d'Alastor 55, il y a la couverture de Casus Belli n°55, par Olivier Vatine. Puisque le principe c'était d'imaginer un mini-JdR à partir d'une des couvertures de ce magazine (chose que j'avais déjà faite avec Station Mérovée).

La couverture de Casus Belli n°55.

De cette couverture, qui m'a inspiré Alastor 55, j'aime surtout le décor S-F : le métal, la soldate et le robot. Je suis beaucoup moins séduit par le machin squelettique dans l'entrée. Et pourtant c'est ce machin squelettique — et plutôt moche — qui m'a fait imaginer un satellite lointain hanté par des "créatures des Ténèbres". Et le postulat de départ, c'était juste ça : une lune avec des "démons". C'est après que j'ai imaginé une population de premiers colons humains lucifériens, adorateurs potentiels de ces "démons". Et, franchement, je ne sais pas comment j'en suis arrivé à cette idée...

L'intérêt principal d'Alastor 55, à mes yeux, c'est le choc né de la rencontre entre cette première vague de colons lucifériens et la seconde vague : les corporations, les mineurs et l'administration des Nations Unies (c-a-d de la Terre). Dans Alastor 55, les joueurs et joueuses interprètent des enquêteurs·trices de l'ONU chargé·es de faire régner l'ordre et la paix sur Alastor 55. Un élément essentiel des scénarios va être leurs interactions avec les Alastorien·nes, les humain·es de la première colonisation. Si ceux·celles-ci sont tou·tes adeptes du Démon, le culte peut prendre de nombreuses formes, des plus civilisées (et socialement acceptables) aux plus horribles et inhumaines. J'aime l'idée d'une rencontre entre deux cultures humaines très différentes dans un monde S-F, deux formes de colonisation que tout oppose : les premiers colons se sont installés pour pratiquer leur religion (profondément chelou) tranquillement, les seconds pour se faire plein de thunes.

Je connais un autre univers S-F qui confronte deux cultures humaines coloniales : Poseidon, le cadre du jeu de rôle Blue Planet. Je vous cite le Grog :

"2199, système Serpentis, planète Poseidon. Un monde frontière... un monde aquatique à 98%... la première colonie à l'extérieur du système solaire. Mais quelle est la motivation qui pousse des dizaines de milliers de personnes à quitter leur bonne vieille Terre, pour tenter l'aventure sur un monde dangereux où tout est encore à construire : la promesse d'une vie nouvelle ? Un écosystème encore intact ? Ou bien la possibilité de devenir riche en exploitant des gisements de xénosilicates : ces minéraux qui détiennent la clé de l'immortalité...

C'est une véritable ruée vers l'or qui se déroule sur cette planète encore vierge il y a quelques années, et où les intérêts des plus grosses corporations sont difficilement contrôlés par le gouvernement colonial de la GEO (Global Ecological Organization). La nécessité de devoir traverser un trou de ver pour pouvoir accéder à ce système solaire, éloigné de plusieurs dizaines d'années lumières, rend la colonie plus isolée que celles de Mars, ou de la Lune. Une planète sans vie intelligente ? Apparemment, tout au moins si on exclut les peuplades natives, issues d'un premier effort de colonisation datant de plus d'un siècle auparavant. Une famine, engendrée par un virus destructeur, avait alors provoqué sur la Terre l'effondrement de l'économie mondiale, causé des millions de victimes, et coupé la nouvelle colonie de tout soutien, et de toute communication. Celle-ci, composée de quelques milliers d'individus d'exception, avait régressé jusqu'au niveau technologique des peuplades du Pacifique au XIXe siècle, mais avait survécu et prospéré.

Avec le temps, ces natifs en vinrent à ne plus rien espérer de la Terre, et ont fait de Poséidon leur planète... Avec le recontact, puis la découverte des précieuses ressources par des chercheurs, l'arrivée massive d'immigrants n'est pas sans provoquer des frictions : les mouvements terroristes se multiplient alors que les corporations vont jusqu'à exproprier ceux qui sont parfois considérés comme des sauvages, pour pouvoir exploiter les précieux xénosilicates. La GEO essaie de protéger l'environnement et les natifs, tout en contrôlant le développement industriel de la planète. Et cependant, son existence en tant que gouvernement mondial est remise en cause par de nombreux intérêts qui souhaiteraient que l'ONU soit réinstituée. Un orage gronde sur Poséidon, et il se pourrait qu'il éclate bientôt."

J'ai la première édition de ce jeu sur mes étagères et c'est un univers que j'aime beaucoup. Je l'aime pour deux raisons. La première c'est son cadre : la mer, le soleil, les cocotiers (extra-terrestres, certes), les lagons bleus, les plages de sable fin... Vous je ne sais pas mais moi ça me vend du rêve. La seconde raison c'est que Blue Planet parle, entre autres choses, de la rencontre, peu apaisée, de deux vagues de colonisation différentes. Vous avez d'un côté les premiers colons qui ont adopté le mode de vie "des peuplades du Pacifique au XIXe siècle", suite à un isolement prolongé. Et, de l'autre, vous avez les corporations, les autorités terriennes, les nouveaux pionniers... Et les PJ.

Et j'adore ça. Vraiment. Les conflits entre deux populations humaines dans un univers science-fictionnel m'intéressent beaucoup plus que ceux issus de la rencontre des humain•es avec un peuple extra-terrestre. Et j'ai retrouvé cet aspect dans Alastor 55. D'un côté, vous avez les premiers colons, tous lucifériens convaincus. Et, en face, vous avez les derniers arrivés : les corpos et leurs salarié·es venu·es exploiter les gisements de ravenium d'Alastor 55. La subtilité résidant dans le fait que les premiers colons lucifériens ne sont pas, d'office, malveillants du fait de leur religion ô combien atypique. Si certains sont d'authentiques psychopathes, d'autres sont tout à fait sociables et civilisés. Charge aux PJ de naviguer dans cette culture "différente" sans en avoir forcément les codes...

La Poseidon de Blue Planet me fait énormément penser à la planète Aquablue, de la série du même nom : planète océanique, discours écologiste, mystique xéno mystérieuse, secrets, corpos terriennes avides et violentes, colonisation brutale, résistance indigène... À se demander si les auteur·es de Blue Planet n'ont pas eu les BD d'Olivier Vatine entre les mains avant d'écrire leur jeu (la série a été traduite, en partie, en anglais)... Tiens, Olivier Vatine. C'est marrant, c'est justement lui l'auteur de la couverture du Casus Belli n°55, celle qui m'a inspiré Alastor 55. C'est d'autant plus "marrant" que cette couverture fait référence à... Aquablue ! Tout est lié.

Voilà. C'est ça une boucle imaginaire.

Agents de l'ONU dans les entrailles d'Alastor 55 ?
Par Ciro Tota.

dimanche 19 juillet 2020

Mes lectures estivales 2020

On trinque ?
Pour cet été, j'emmène à la plage et à la campagne palmes, tuba et espadrilles. Mais pas que. J'emmène aussi bouquins et jeux de rôle. Faut pas déconner.

Au programme, en romans:

La Horde du Contrevent, d'Alain Damasio. C'est le livre que je lis actuellement. Un bel univers, de beaux personnages, une belle écriture... Que j'ai beaucoup de mal à imaginer adaptées en JdR. Mais là c'est juste pour le plaisir de lire! (et puis on n'est pas obligé de tout adapter...)

Les Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas.
Les chants de Maldoror , d'Isidore Ducasse, plus connu sous le pseudo de Comte de Lautréamont.
Le Horla, de Guy de Maupassant.
Pourquoi ces grands classiques francophones? Parce que j'ai toujours en projet la création et la publication (sur la Toile) d'un jeu de rôle de fantasy, teintée de rétro-futurisme et d'Horreur, inspiré des grands classiques de la littérature "de genre" francophone. De Chrétien de Troyes à Jules Verne, rien que ça.
Ce jeu c'est M le jeu de rôle. Un titre un peu moisi parce que "Machines, Merveilles, Monstres & Mystères" c'était trop long. Un titre susceptible de changer un de ces quatre.
Donc je profite de l'été pour revenir aux sources. Les chants de Maldoror et Le Horla, c'est pour réfléchir aux entités surnaturelles maléfiques de ce futur univers de jeu. Les Trois Mousquetaires, c'est le côté "KPDP". J'ai déja lu les deux premiers, il y a longtemps, mais jamais le troisième! Honte sur moi. Ça sera l'occasion.

• La trilogie La Mer éclatée, de Joe Abercrombie.
Je vous ai déjà parlé de cet auteur britannique et de son œuvre ici. J'ai quasiment tout lu de lui, hormis cette trilogie. Je ne suis pas forcément super fan de ses univers de fantasy – une "fantasy" de façade par de nombreux aspects... – mais j'adore ses personnages et leurs dialogues. C'est bien un peu redondant mais il y a une belle énergie et beaucoup d'humanité dans les histoires, sanglantes, qu'il raconte.

La Guerre de Caliban, le tome 2 de la série (littéraire, je ne vous parle pas de la série TV là) The Expanse, par Daniel Abraham et Ty Frank (sous le pseudo collectif de James S. A. Corey).
J'ai mis des plombes à lire les 50 dernières pages du premier volume mais le travail sur Alastor 55 m'a redonné goût à la S-F et j'ai envie de revenir dans cet univers... au moins cet été.

J'emmène des jeux de rôle aussi:

Extinction, RAD-HackThe Mecha Hack. Que des avatars S-F de The Black Hack. D'ailleurs, j'emmène The Black Hack aussi (que je viens juste de recevoir, 24 heures avant le grand départ, cool).
Des lectures de vacances... et de travail! Je bosse actuellement sur une adaptation de TBH pour l'univers d'Alastor 55 donc...

Le Livre du Joueur pour Mindjammer
J'adore FATE. Je veux voir ce que donne un FATE transhumaniste dans l'espace. Bon, en réalité, je m'en fous un peu du transhumanisme – je préfère la S-F rétro, celle où on voit les tuyaux et les boulons, façon Star Wars (côté lumineux) ou Alien (côté sombre) –, je veux juste du FATE dans l'espace.
Carbone Modifié, le roman de Richard Morgan, m'a un peu vacciné, jusqu'à nouvel ordre, contre les consciences humaines transplantées dans des corps étrangers.

Electric Bastionland.
Ben, j'ai adoré la VF de Into the Odd. J'ai envie de découvrir cette nouvelle version, un peu (beaucoup) plus étrange de l'univers de Bastion de Chris McDowall. Je trouve le livre magnifique.

Plus un ou deux numéros de Guerres et Histoire et on sera bon.

Et voilà. Normalement, j'ai de quoi lire pour plusieurs semaines.

Illustration de Alec Sorensen pour Electric Bastionland.

mercredi 15 juillet 2020

It's a kind of (dark) magic

"Bienvenue sur Alastor 55!"
Photo extraite du film Event Horizon.
Je vous ai suggéré Extinction pour jouer sur Alastor 55. Problème: si la magie la plus noire est présente sur Alastor 55 – les humain·es satanistes, les revenant·es indigènes et les "démon·es" la maîtrisent –, il n'y a pas de règles la concernant dans Extinction. Comment faire ?

Solution 1 : vous pouvez utiliser les capacités des Aliens d'Extinction (pages 70-72).

Solution 2 : vous pouvez utiliser les sorts de The Black Hack ou de l'un de ses avatars.

Solution 3 : vous pouvez vous servir des quelques sorts que je vous propose juste après.
Ces sorts sont déclinés en deux versions: sort mineur et sort majeur. Je vous invite à attribuer les sorts mineurs aux cultistes et aux entités "de base" et les sorts majeurs aux grands prêtres et aux entités de haut niveau.

• Sort d'attaque.
Mineur : la cible subit 1d6 Dégâts.
Majeur : la cible subit 6 Dégâts.

• Sort de défense.
Mineur : la cible bénéficie de 1d6 Points d'Armure.
Majeur : la cible bénéficie de 6 Points d'Armure.

• Sort de soin.
Mineur : la cible récupère 1d6 Points de Vie.
Majeur : la cible récupère 6 Points de Vie.

• Sort de dégradation.
Mineur : la ressource est dégradée d'un Dé d'Usage.
Majeur : la ressource est détruite / inutilisable.

• Sort d'entrave.
Mineur : la cible a un désavantage sur son jet.
Majeur : la cible rate automatiquement son action.

• Sort d'aide.
Mineur : la cible a un avantage sur son jet.
Majeur : la cible réussit automatiquement son Action. 

• Sort de peur.
Mineur : la cible fait un jet d'Adrénaline.
Majeur : le Dé d'Adrénaline de la cible est dégradé automatiquement.

Ensuite il existe des sorts qui ne font pas appel à une règle spécifique. Je pense aux sorts de divination (avoir une information), communication, conjuration (repousser / appeler un·e démon·e)...

Si un sort est lancé contre lui, le PJ fait un jet sous la carac la plus adaptée pour ne pas en subir les effets.

Vous pourriez me faire remarquer que ça fait bien peu de sorts différents. Et vous auriez tort. Car ces quelques sorts proposés se veulent généralistes et peuvent prendre mille formes narratives, mille aspects différents. Ce sont les règles que je vous propose pour les dits sorts qui offrent peu de variété mais ça c'est normal : Extinction, et tous les dérivés de The Black Hack avec lui, c'est pour jouer simple.
Exemple: un sort mineur d'Invisibilité et un sort mineur de Percevoir la magie n'ont pas le même effet. Mais, en termes de règles, ils sont strictement identiques : ce sont des sorts mineurs d'aide, ils offrent un avantage sur un jet d'Attribut (de discrétion – sous DEX je suppose – pour Invisibilité, de perception – INT – pour Sentir la magie).
Autre exemple: un sort majeur Arc électrique et un sort majeur Hémorragie n'ont pas le même effet visuel. Mais, en termes de règles, eux-aussi sont strictement identiques : ce sont des sorts majeurs d'attaque et ils font perdre 6 PV à la cible.

Je propose d'associer un Dé d'Usage (∇) à cette capacité à faire de la magie(noire). Appelons ce Dé d'Usage "Pouvoir", tout simplement. On lance le Dé à chaque sort lancé. Lorsque le Dé d'Usage est dégradé à zéro, le·la lanceur·se de sorts doit prendre un repos long pour "recharger".

Dans mon idée – et c'est l'un des secrets les mieux gardés de la planète –, tout·tes les Alastorien·nes sont des magos mineurs. Il·elles connaissent tou·tes au moins un sort (niveau 1 ►1 sort connu) et ont ∇4 de Pouvoir de base. 

Merci à Alexandre "Kobayashi" Jeannette pour sa disponibilité et ses précieux conseils.

Prêtresses alastoriennes. Illustration de Gilberto "Soren" Zaragoza (original ici).

jeudi 9 juillet 2020

Alastor 55 – Et on joue avec quelles règles ?


Celles que vous voulez.

Contrairement à Station Mérovée – où je vous avais fourni un mini-système pour jouer –, je ne vais rien écrire de tel pour Alastor 55. Cependant j'ai quand-même ma petite idée sur quelles règles utiliser pour jouer dans cet univers. Je vous invite chaudement à utiliser Extinction de Kobayashi, du moins celles et ceux qui, comme moi, aiment les systèmes simples.

Extinction est un jeu de rôle de Science-Fiction "survivaliste" en anglais et écrit par un Français, Kobayashi donc. Un anglais très très accessible: je ne suis pas toujours à l'aise dans cette langue mais, là, je n'ai eu aucune difficulté. Le jeu, disponible sur Drive Thru en POD et pdf, fait 78 pages, scénario inclus.
Extinction est un hack de The Black Hack, soit (encore) un néo-clone de l'Ancêtre. Vous n'échapperez pas à la page de mentions légales OGL/Wizards of the Coast à la fin de l'ouvrage. Seul·es les joueurs et joueuses lancent les dés. C'est du roll under: il faut faire le moins possible avec un d20. Les caracs sont celles de D&D, sauf Wisdom qui devient Nerve, S-F horrifique oblige. Les ressources et d'autres éléments de jeu se voient attribués un "dé d'usage" susceptible de dégrader, sur un résultat de "1" ou "2", à certains moments. Un d8 devient un d6 puis un d4 puis la ressource, ou l'élément de jeu, disparaît. Cette ressource pouvant être le sang-froid des PJ...
Car Extinction est un jeu de rôle d'Horreur dans l'Espace. C'est conçu pour faire du Alien, Outland ou Event Horizon. C'est dit.

Je vous recommande ce jeu pour jouer sur Alastor 55 pour tout un tas de raisons. Pour sa simplicité, sa clarté, sa concision... Pour son thème, totalement raccord avec celui de Alastor 55. Dans Extinction, vous avez quasiment tout ce qu'il faut, en plus de la prose déjà publiée sur ce blog, pour lancer vos PJ sur la lune sataniste. Sauf un scénario, certes, mais vous avez 14 pistes ici.
D'ailleurs, vous pouvez vous servir des caracs des PNJ (pages 66 à 68) et Aliens (pages 70 et 71) pour peupler vos parties. Un "Cannibal warrior" devient un cultiste luciférien et un "Mimic" un doppelgänger extra-terrestre. Bon, pour être tout à fait honnête, il faudrait créer des PNJ et Aliens plus adaptés et spécifiques. J'essaie de vous proposer ça dans les prochaines semaines.

Même si Alastor 55 vous laisse froid, mais que vous êtes amateur·trice de S-F qui fait peur et de systèmes simples, je ne saurais trop vous encourager à lire Extinction.

Il y a plein d'autres options ludiques pour explorer Alastor 55. Et vous avez certainement des idées.
Personnellement, je peux aussi vous suggérer Voidheist de Chris McDowall, l'auteur de Into the Odd et Electric Bastionland. Chris McDowall qui touche sa bille en game design. Il était fasciné par les "classes de perso" de Mothership RPG – qu'il trouve très évocatrices du setting – et par les compétences de Blades in the Dark – et ce qu'elles amènent en cours de jeu – et a voulu mixer tout ça dans un JdR de S-F. Ça a donné Voidheist. C'est gratuit (et accessible ici).

Couverture de Extinction.
Illustration de couverture par Alastair Jones.

mercredi 8 juillet 2020

Alastor 55 – 14 secrets, 14 pistes pour jouer

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Voici quelques pistes vous permettant de lancer une ou plusieurs parties sur Alastor 55. Ce sont autant d'affaires sur lesquelles les PJ sont susceptibles d'enquêter.

Est-il utile de préciser que, si vous êtes plutôt joueur·se que MJ, vous feriez mieux de ne pas lire la suite, sous peine de vous faire divulgâcher un futur scénario?

• De nombreux mineurs meurent d'overdose ou suite à une crise de folie due au manque. La drogue, totalement illégale, à l'origine de ces morts se nomme "l'amalgame" (la Spota-Yario de son vrai nom).  C'est un puissant stimulant du système nerveux. Elle est vendue par la pègre de Port Carbone, cher et à grande échelle.
Mais, derrière les trafiquants, se cache la corporation Stel Coal, propriétaire des plus grandes exploitations pétrolières et charbonnières d'Alastor 55. Avec ce trafic, Stel Coal booste la productivité de ses salariés à peu de frais. Mieux: elle récupère une bonne partie des salaires versés. La corporation se sert de la pègre locale pour la distribution.

• Des corps de colons décédés disparaissent, discrètement. 
Stel Coal s'est associée à un magicien noir du Cercle. Celui-ci transforme en zombies les morts que Stel Coal lui fournit. Ces zombies s'en vont travailler docilement dans les galeries les plus dangereuses et les plus profondes des mines et, en échange, le magicien peut conserver une partie des corps pour ses propres "expériences".

• Les ingénieurs de Stel Coal ont découvert une ancienne cité extra-terrestre déserte dans la plus grande mine de charbon de la Sphère humaine. En vertu de la section 9 du Code planétaire des Nations Unies, l'exploitation du site devrait être interrompue pendant plusieurs mois, voire années, pour permettre son étude par les scientifiques de l'ONU.
C'est hors de question pour Stel Coal: le profit avant tout. La découverte du site est restée secrète et les gêneurs éliminés. La cité extra-terrestre est ravagée par les excavatrices robotisées et parcourue par des mineurs qui ignorent qu'ils foulent les artères d'une ville xéno.

• Les Mélodien·nes paraissent un peu plus sociables que nombre de leurs coreligionnaires alastorien·nes. Mais, derrière la façade bruyante et sonore de leurs communautés, on trouve quelques satanistes extrémistes aussi barré·es que les pires Absolu·es et Alastoréen·nes.
En conséquence, parmi les foules de travailleur·ses qui viennent se distraire à Motorhead, certain·es ne repartent jamais.

• Des milliers de "terroristes" – des Absolu·es pour l'essentiel, avec femmes et enfants – ont été enfermé·es dans un camp de concentration par les Nations Unies. Un camp où les conditions de détention ont plus à voir avec Frênes qu'avec Auschwitz.
À l'insu des autorités pénitentiaires, une partie croissante du personnel carcéral du camp se convertit à la "religion" des prisonnier·ères. Des conversions facilitées par la capacité des Absolu·es à mettre des incubes/succubes extra-terrestres dans le lit des maton·es.

• Afin d'affaiblir l'ONU – le Bloc corpo espère bien annexer le satellite –, Stel Coal, dans le plus grand secret, fournit des missiles sol-air aux Absolu·es de Stygia. Les missiles vont permettre aux Alastorien·nes d'interdire aux aéronefs des Nations Unies le ravitaillement de la garnison locale de casques bleus.
Celle-ci ne le sait pas encore mais elle va bientôt se retrouver à jouer les premiers rôles dans un remake de Stalingrad croisé avec Hellraiser.

• Les ancien·nes habitant·es non-humain·es d'Alastor 55 n'étaient pas des enfants de chœur, loin de là. Il·elles adoraient des entités, extra-terrestres elles-aussi, malveillantes et forcément indicibles.
Si ces premier·ères habitant·es ont disparu depuis longtemps, leurs fantômes et les entités qu'il·elles vénéraient sont toujours là et se réveillent en masse suite aux activités des Terrien·es, Alastorien·nes et colons confondus.

• Les Terrien·es ont déjà découvert des cités de ce premier peuple disparu à la surface d'Alastor. Mais l'architecture étrange (indicible et non-euclidienne?) des bâtiments a fait que ces cités ont été confondues avec des formations minérales "originales". De toute façon, l'atmosphère très particulière des lieux a fait que les rares visiteur·ses ne se sont pas attardé·es.
Quelques géologues se sont rendu·es sur place pour étudier ces sites. Celles et ceux qui ont deviné qu'il s'agissait de bâtis anciennement habités ont voulu explorer les lieux plus en profondeur et ne sont jamais revenu·es.

• Sur Alastor 55, la magie noire fonctionne. Et le culte rendu à Satan et aux démons a des effets réels. Mais les entités qui répondent à l'appel des fidèles n'ont rien de terrestres. Ce sont les fantômes des ancien·nes habitant·es non-humain·es et les entités qu'il·elles vénéraient qui se manifestent.
Seul·es les Alastorén·nes ont conscience de cette réalité. Une réalité qu'il·elles gardent pour eux·elles.

• Certaines communautés alastoréen·nes sont allées très loin dans le culte rendu aux dieux et déesses d'Alastor. Elles ont abandonné les corps, vivants, de nombreux·ses fidèles aux âmes des ancien·nes habitant·es non-humain·es d'Alastor 55.
Dans les coins les plus reculées du satellite, des clans entiers sont dorénavant constitués de fantômes extra-terrestres occupant des corps humains.

• S'éloigner de sa communauté, indigène ou coloniale, c'est mourir. La planète est beaucoup trop dangereuse pour qu'une famille isolée puisse survivre plus de quelques mois "à l'extérieur". Les Alastorien·nes de toutes obédience le savent parfaitement. Dans leur culture, une condamnation à l'exil équivaut à une mise à mort.
Mais il·elles n'ont pas jugé utile de le dire aux colons...

• Le centre pénitentiaire n°1 des Nations Unies sur Alastor 55 accueille les délinquants et criminels non-indigènes. Contre toute attente, de nombreux prisonniers – c'est une prison pour hommes – ont "rencontré Dieu" et forment une communauté de pieux repentis. L'administration pénitentiaire laisse faire, bien contente que la religion vienne apaiser l'atmosphère du centre carcéral.
Le "prêtre" de la petite communauté n'a pas été contacté par Dieu ou Jésus. L'entité qui s'adresse à lui est, sans qu'il le sache, une entité extra-terrestre bienveillante, ennemie de celles maléfiques qui rampent sous la surface d'Alastor 55 depuis des éons.

• Des fondamentalistes monothéistes de Mars sont en train d'assembler une bombe thermonucléaire dans un puits de mine abandonné. Ceci afin de "faire disparaître l'antichambre de l'Enfer de la Galaxie".
Ont-il·elles vraiment tort?

• Un homme noir, seul, avec une guitare, parcourt inlassablement les routes et les sentiers d'Alastor 55.
C'est le Diable, le vrai, l'Adversaire de Dieu, l'Ange déchu. Il est venu ramener ses ouailles dans le droit chemin. Ben oui: les dites ouailles ne font rien qu'à adorer – sans forcément le savoir – des entités maléfiques, certes, mais extra-terrestres. Tout se perd.
Un bouc noir le suit.

On se fait un petit sabbat?
Photo extraite de Ghosts of Mars, de John Carpenter.

lundi 6 juillet 2020

Alastor 55 – L'univers

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Aujourd'hui, je vous propose un mini-setting mêlant S-F et Horreur inspiré de la couverture de Casus Belli n°55, par Olivier Vatine: Alastor 55.
Un peu d'Histoire

An 2168 : L'ONU vient de perdre la Première Guerre des Autonomes. L'Assemblée générale reconnaît le droit aux planètes colonisées indépendantes de facto de s'auto-gérer comme elles l'entendent. L'appartenance de ces mondes aux Nations Unies devient purement théorique.
L'article 3 du traité de paix autorise de nouvelles communautés à s'affranchir de la tutelle terrienne lorsqu'elles colonisent un nouveau monde.

An 2175 : Des membres de l'Église Luciférienne Unifiée, fuyant le retour en force des fondamentalismes monothéistes sur Terre et sur Mars, s'installent sur Alastor 55. Ce petit satellite, forestier et marécageux, d'une géante gazeuse située dans le bras Écu-Croix, a été terraformée et peut accueillir ses premiers colons.

An 2185 : Les Luciférien·es sont devenu·es largement majoritaires et votent massivement pour l'indépendance d'Alastor 55. L'ONU, en vertu des traités signés, reconnaît la souveraineté de la lune  brune dans les semaines qui suivent. Et ceci en dépit des cris outragés des curés, rabbins et imams terriens, scandalisés par l'existence d'un monde indépendant de "satanistes". Les relations entre la lune souveraine et le reste de la Sphère humaine sont interrompues. Totalement.

An 2196 : L'Alliance des Planètes Libres est vaincue par les Nations Unies lors de la Seconde Guerre des Autonomes. Alastor 55, enfermé dans son splendide isolement, n'a pas pris part au conflit. Les Nations Unies abolissent les traités et reprennent le contrôle des mondes majeurs.

An 2198 : Une escadre terrienne lance un ultimatum aux autorités d'Alastor 55: la lune doit rouvrir ses frontières et reprendre contact avec l'ONU. Silence radio. Une division d'infanterie est débarquée. Les casques bleus découvrent un monde en proie au chaos. Les habitant·es se déchirent dans un conflit larvé interminable entre les différentes chapelles satanistes depuis cinq ans. Les militaires terrien·nes découvrent des communautés où l'esclavage, le meurtre, le cannibalisme, la nécrophilie, le viol, la torture physique et psychologique et les sacrifices humains sont systématiques et encouragés.
Peut-être plus inquiétant encore : de nombreux phénomènes surnaturels mortels accablent la population alastorienne de manière croissante. Les autochtones parlent des "démons et démones" arrivées sur Alastor suite aux rituels menés par les différents groupes lucifériens. Qu'il y aurait sur le satellite quelque chose de propice à la magie la plus sombre...

An 2199 : Le bilan économique d'Alastor 55 est jugé nul par les Nations Unies, contrairement au coût de l'occupation du satellite. Les troupes terriennes rembarquent. Les casques bleus et fonctionnaires de l'ONU qui ont foulé le sol de la lune évoquent "une fosse d'abominations", "une antichambre de l'horreur", "un gouffre d'inhumanité", "les portes de l'enfer"...

An 2207 : Des habitant·es d'Alastor appellent les Nations Unies au secours. Les "démon·es" et les satanistes "extrémistes" seraient en train de prendre le contrôle de la lune. L'ONU ne répond pas à la requête.

An 2210 : Une expédition corporatiste trouve du charbon et du pétrole dans un coin isolé d'Alastor 55. Les gisements sont gigantesques. Suite à cette découverte, l'ONU décide de revenir sur Alastor pour "venir en aide à la population alastorienne prise en otage par de dangereux fanatiques".
Les casques bleus débarqués en premier découvrent une planète qui a basculé dans les ténèbres. Mais, pour l'ONU et le Bloc Corporatiste derrière elle, il est hors de question que les démon·es, les sorcières , les mages noirs et les satanistes fanatiques viennent entraver l'exploitation des richesses de la lune brune.

C'est là que les PJ entrent en jeu.

On joue qui ?

Des agent·es de l'ONU envoyé·es sur Alastor 55.
Officiellement : il·elles sont chargé·es de "porter assistance" à la population locale et de rétablir "l'état de droit" sur Alastor 55.
Officieusement : il·elles doivent permettre l'exploitation du charbon et du pétrole du satellite sans interférence des indigènes.
Votre race : humain·e, clone, mutant·e, cyborg, psionique, robot, synthétique... Il n'y a pas d'extra-terrestres en tant que tels dans Alastor 55. Et n'oubliez pas que les différent mondes colonisés – y compris les stations orbitales, les astéroïdes et les nomades – ont créé autant de nouvelles physiologies humaines.
Votre classe : légionnaire, mentat, scientifique, technicien, prêtre, éclaireur, corporate, journaliste, humanitaire...

Alastor 55, ça ressemble à quoi ?

La lune est essentiellement couverte de forêts et de marais. Mais vous y trouverez aussi des montagnes, des prairies, des déserts... L'océan ne couvre que 6% de la surface. Si les températures sont assez variables, de polaires à tropicales, le climat est cependant très humide. Le brouillard, la pluie et la neige sont omniprésentes. Et les tempêtes ne sont pas rares.
Si la faune et la flore sont d'origine terriennes, on observe de nombreuses mutations locales. Certaines de ces mutations se révélant plutôt dangereuses pour l'être humain.
Un endroit sinistre en fait.

Qui sont les Alastoriens et les Alastoriennes "indigènes" ?

Des humain·es, satanistes à 99,99%. Mais le culte qu'il·elles rendent à Satan peut prendre de nombreuses formes. On compte six sectes qui rassemblent la plus grande partie de la population indigène. Si toutes pratiquent la magie noire, toutes ne versent pas dans les excès sanguinaires qu'on leur attribue dans les bars de Mars et sur les ondes des radios terriennes.

Les Porteur·ses de Lumière. Mélange improbable entre des puritain·es et des gothiques, les Porteurs et Porteuses de Lumière sont des satanistes "traditionalistes". Adorateurs·trices de l'Ange déchu, il·elles se montrent particulièrement poli·es, sociables... et un peu froid·es.
Leur comportement est assez conventionnel. Les excès sont rares et réservés au cercle intime.

Les Mélodien·nes. La communion avec le Démon se fait avant tout à travers la musique. La musique forte de préférence. Ce sont des jouisseurs et des jouisseuses, peu intéressé·es par les querelles théologiques des autres sectes.
Leurs guerriers et guerrières néo-vikings sont redoutables au corps à corps. Le volume de leurs décibels aussi.

Le Sabbat. Une communauté essentiellement féminine où le culte se pratique via une relation directe, sauvage et charnelle, avec le Démon. Si certains groupes se contentent de l'expérience des sens, d'autres, plus radicaux, détruisent les âmes et les chairs.

Le Cercle. Des magiciens et des magiciennes, surtout des magiciens. Pour les membres du Cercle, la magie noire est un cadeau que Satan a fait aux hommes et aux femmes. Il·elles sont peu nombreux·ses et ne quittent guère leurs laboratoires.

Les Absolu·es. Ce sont à eux·elles que le grand public terrien pense en premier lieu lorsque les infos parlent d'Alastor 55. Les Absolu·es ont rejeté les lois humaines. Leur engagement dans le Mal se veut total et ce sont les premier·ères à pratiquer "l'esclavage, le meurtre, le cannibalisme, la nécrophilie, le viol, la torture physique et psychologique et les sacrifices humains" mentionnés plus haut.
Est-il utile de préciser que, dans ces conditions, la plus grande partie de leurs communautés ont beaucoup de mal à être viables socialement et économiquement? Et que les psychotiques et les autistes, du côté des victimes, et les pervers et les psychopathes, du côté des bourreaux, sont sur-sur-représentés dans leurs clans?

Les Alastoréen·nes. Ces croyant·es ont rejeté les origines terriennes du culte. Il·elles déclarent avoir découvert un Mal plus ancien, plus authentique, sur Alastor même. Un Mal extra-terrestre, profondément inhumain, indicible. Un Mal auquel il·elles rendent un culte absolu et total.

Du fait de l'absence d'un vrai tissu industriel, ceci malgré les ressources énergétiques énormes, et du long isolement de la lune, le niveau technologique des Alastorien·nes a largement régressé. Certaines communautés vivent comme à l'époque du Moyen Âge de l'ancienne Terre. Les mieux dotées ont un niveau pré-stellaire.

Et les Non-Alastorien·nes?

En plus des agents des Nations Unies et des corporations, l'astroport d'Alastor accueille chaque jour des centaines de nouveaux colons venu·s travailler dans les mines de charbon et les exploitations pétrolières. La plupart sont originaires de la Terre et de Mars, où les chômeurs et chômeuses se comptent par milliards.
Certain·s colons décident de tenter leur chance en dehors des enclaves de l'ONU et des corpos. Il·elles s'en vont fonder une exploitation agricole ou énergétique au-delà des enceintes électrifiées des cités coloniales, pour le meilleur et pour le pire. Souvent pour le pire.
La plupart ne croient pas aux rumeurs disant que, sur Alastor 55, la magie "marche" et qu'il y aurait des "démons". D'ailleurs les autorités nient.

Quelle est la situation?

L'ONU et les corpos ne contrôlent que les territoires limitrophes des exploitations et des infrastructures. Ce qui n'empêche pas leurs agent·es d'intervenir et d'investiguer n'importe où à la surface de la planète lorsque c'est nécessaire. En théorie.
Pour les Nations Unies, Alastor 55 est un "protectorat", un état autonome ayant demandé la protection de l'Organisation. Et le protectorat couvre l'ensemble du satellite.
Un tiers des indigènes vit sous l'administration directe et indirecte de l'ONU et des corpos.
Le satanisme est toléré tant que ça ne déborde pas sur des actes délictueux ou criminels mettant à mal l'ordre public. Pour nombre de ces indigènes "administré·es", l'occupation constitue un mal nécessaire, face à la menace grandissante des entités hostiles et des Absolu·es et Alastoréen·nes fanatisé·es.
On trouve de nombreux·ses Porteur·ses de Lumière et Mélodien·nes dans les enclaves des Nations Unies, quelques membres du Sabbat et du Cercle et aucun·e Absolu·e ou Alastorén·ne. Pas sous leur véritable identité du moins, puisque ces deux dernières sectes rejettent violemment la présence "étrangère impie".

Quelques lieux notables:

Port Carbone. C'est l'astroport d'Alastor 55, là où arrivent les colons et là où partent les supertankers chargés à bloc d'énergie fossile. Une mégalopole bruyante et polluée, avec une atmosphère très "frontière".
L'administration de l'ONU et les corpos y ont leurs bureaux.

Salem. La "capitale". Ville fondée par les premier·ères colons de l'Église Luciférienne Unifiée en 2175. Une petite cité pré-industrielle à l'apparence tranquille, où les choses se disent et se font derrière les murs les plus épais. La cathédrale luciférienne constitue le cœur névralgique de la ville. Ses flèches noires se distinguent à des centaines de kilomètres à la ronde.

Motorhead. Une petite ville mélodienne où la bière (locale) et la musique coulent à flots. L'un des rares endroits où indigènes et colons se mélangent. Quantité de mineurs·ses viennent y claquer tout ou partie de leur paie. Les bordels sont réputés, la nourriture et la boisson excellentes et les bagarres fréquentes.

Stygia. Une cité fondée par des Absolu·es et des Alastorén·nes fanatiques. Les casques bleus ont rasé la ville une première fois en 2198 puis une seconde fois en 2210. C'est un vaste champ de ruines dont la plus grande partie du bâti souterrain est demeuré intact.
Une petite garnison terrienne est présente, pour éviter que les ancien·nes habitant·es ne reviennent s'installer. En vain puisque, à la nuit tombée, les ombres se font de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu'une étrange mélopée monte des sous-sols.

Je vous mettrai les secrets d'Alastor 55 – les dangers et les menaces – dans un article à part, afin de ne pas divulgâcher des joueurs et joueuses potentiel·les.

Voilà. Ce n'est qu'un premier jet mais dites-moi ce que vous en pensez.

Quelques inspirations :

Alastorienne "typique".
Par Simon Goinard (original ici).

Faire un mini-setting à partir de la couverture d'un vieux Casus Belli

En travaillant sur Station Mérovée, j'ai eu beaucoup plus de facilités à écrire sur l'univers que sur les règles. J'ai écrit la mini-présentation du setting d'une traite tandis qu'il m'a fallu plus d'une semaine pour pondre le système, mini lui aussi. La différence étant que l'univers m'a été directement inspiré par la couverture de Jean-Louis Mourier, tandis que les règles m'ont été inspirées par rien du tout et sont nées de la nécessité d'adjoindre un système au setting.
Mais comme je fais ce blog surtout pour me faire plaisir, on va dorénavant procéder différemment.

Il y a encore pas mal de couvertures de vieux Casus qui m'inspirent des mondes imaginaires. Beaucoup. Même si j'ai des idées et des désirs concernant les systèmes à utiliser avec, je n'ai pas envie d'y passer plus de temps que ça. En conséquence, je vais me contenter, pour l'instant, de vous proposer des mini-settings inspirés des couvertures que j'aime.

Et je n'ai pas envie de me limiter à une seule page de background aussi. J'ai envie d'en mettre un chouïa plus.

On commence aujourd'hui avec la couverture du Casus Belli n°55 illustrée par Olivier Vatine. Celle-ci:

Couverture de Casus Belli n°55.
Par Olivier Vatine.
Cette couverture est en lien direct avec la BD Aquablue, du même Olivier Vatine (et Thierry Cailleteau au scénario). Le numéro 55 de Casus Belli contient une adaptation de l'univers d'Aquablue pour le jeu de rôle SimulacreS, le système générique "maison" de CB à cette époque.
Et elle est assez surprenante cette couverture...

Sur la partie droite de l'image, on reconnaît bien l'univers d'Aquablue. Vous avez cette combattante qui n'est pas sans rappeler les militaires de l'armée privée d'Ulla Morgenstern. Quant au petit robot, c'est Cybot: "le robot-nurse, responsable de Nao (le héros de la BD) depuis sa naissance". Cette partie droite fait très S-F et, en cela, correspond bien à l'imaginaire lié à Aquablue.

Et puis il y a la partie gauche... Avec une sorte de canard-squelette géant extra-terrestre. Hum... Aquablue raconte la résistance à la colonisation terrienne des habitant·es extra-terrestres d'une paisible planète aquatique. Mais, perso, je ne trouve pas ce "canard-squelette géant extra-terrestre" très "aquatique". Je le trouve plutôt "nécromantique" moi ce canard. Et je me demande ce que Olivier Vatine avait en tête lorsqu'il a dessiné cette couverture...

Bref, cette couverture m'inspire toute autre chose qu'un paradis écologique agressé par les méchants Terrien·nes. Elle m'inspire une planète autrement plus sinistre: Alastor 55. On en reparle bientôt.